Le Piémont occupe le nord-ouest de l'Italie, adossé à la France et à la Suisse, avec Turin au centre de sa plaine et les Alpes en demi-cercle autour. Son nom dit exactement ce qu'il est : le pied des monts. Une capitale baroque, un vignoble classé au patrimoine mondial et de la haute montagne cohabitent sur deux heures de route, sans se ressembler du tout. Voici ce qu'il y a à visiter au Piémont, secteur par secteur.
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Le Piémont en bref
Avec 25 402 km², la région arrive juste derrière la Sicile en superficie, et elle est bâtie comme un amphithéâtre : une plaine agricole au centre, traversée par le Pô qui naît au pied du Monviso, des collines viticoles au sud, et une couronne alpine qui monte jusqu'au Monte Rosa. Elle est limitrophe de la Vallée d'Aoste, de la Lombardie, de la Ligurie et de l'Émilie-Romagne, ce qui en fait la porte d'entrée naturelle depuis la France.
- Nom italien
- Piemonte
- Chef-lieu
- Turin (Torino)
- Habitants
- ≈ 4,25 millions
- Superficie
- 25 402 km²
- Provinces
- Turin, Coni, Alexandrie, Asti, Novare, Verceil, Biella, Verbano-Cusio-Ossola
- Aéroport
- Turin Caselle (TRN)
- Prix au m²
- 1 319 €
- Point culminant
- Monte Rosa, 4 634 m
Le Piémont compte quatre inscriptions au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui est beaucoup pour une région dont on parle si peu : les résidences de la maison de Savoie, les paysages viticoles des Langhe, du Roero et du Monferrato, les Sacri Monti partagés avec la Lombardie, et Ivrée, retenue comme modèle de ville industrielle du XXe siècle pour le complexe Olivetti. Notre comparatif des régions d'Italie situe le Piémont face à ses voisines du Nord.
Que visiter au Piémont : les incontournables
Dix secteurs se disputent le programme d'un séjour. Voici ce qu'on y voit et le temps qu'il faut y consacrer pour que la visite ait un sens.
| Lieu | Ce qu'on y trouve | Durée |
|---|---|---|
| Turin | Palais royal, musée égyptien, Mole Antonelliana, cafés historiques et arcades | 2 à 3 jours |
| Les Langhe | Alba, Barolo, La Morra, Barbaresco : vignoble classé à l'UNESCO et caves ouvertes | 2 à 3 jours |
| Le lac Majeur (rive ouest) | Stresa, les îles Borromées, Verbania et ses jardins botaniques | 2 jours |
| Le lac d'Orta | Orta San Giulio, l'Isola San Giulio et le Sacro Monte au-dessus du bourg | 1 jour |
| Résidences des Savoie | Venaria Reale, Stupinigi, Racconigi et Rivoli, toutes autour de Turin | 1 à 2 jours |
| Sacra di San Michele | Abbaye du Xe siècle plantée sur un piton rocheux au-dessus du Val de Suse | Une demi-journée |
| Le Monferrato | Collines viticoles autour d'Asti et de Casale, caves souterraines et villages de brique | 1 à 2 jours |
| Le Val de Suse | Sestrière, Bardonèche, forts de l'Assiette, domaine de la Via Lattea | 2 à 7 jours |
| Monte Rosa et Valsesia | Alagna, villages walser, ski de pente raide et randonnée d'altitude | 2 à 4 jours |
| Parc du Gran Paradiso | Vallon de Ceresole Reale, bouquetins, cols alpins et lacs de barrage | 2 jours |
Sur un premier séjour, deux arrêts valent mieux que quatre : Turin, parce que la ville justifie le voyage à elle seule, et les Langhe, à une heure de route au sud. Les lacs et la montagne relèvent d'un autre voyage, ou d'une semaine supplémentaire. Le détail suit.
Les Langhe, le Roero et le Monferrato
Ces collines sont entrées au patrimoine mondial en 2014, et pas seulement pour le paysage : le classement récompense une culture de la vigne continue depuis l'époque romaine, avec ses cascine, ses châteaux de crête et ses caves creusées dans le tuf. Le cœur tient sur une trentaine de kilomètres autour d'Alba. Onze communes ont le droit de produire du Barolo, dont La Morra, Monforte d'Alba et Serralunga avec sa tour de guet du XIVe siècle. Quelques kilomètres à l'est, Barbaresco et Neive travaillent le même cépage nebbiolo dans un style plus souple.
Deux choses à savoir avant de partir. Les caves se visitent sur rendez-vous presque partout, souvent la veille pour le lendemain, et beaucoup ferment le dimanche. Et les routes sont des crêtes à une voie qui montent et redescendent en continu : compter trente à quarante minutes entre deux villages qui semblent voisins sur la carte. Le Roero, sur l'autre rive du Tanaro, et le Monferrato autour d'Asti sont moins fréquentés à saison égale, avec des prix de table nettement plus bas.

Castiglione Falletto, l'une des onze communes du Barolo.
Le lac Majeur et le lac d'Orta
La rive ouest du lac Majeur est piémontaise, et c'est celle qui concentre les visites. Stresa sert de point de chute pour les îles Borromées, trois îlots à dix minutes de bateau : Isola Bella et son palais en terrasses, Isola dei Pescatori et son village de pêcheurs, Isola Madre et son jardin botanique. À Verbania, les jardins de la Villa Taranto alignent des milliers d'espèces plantées par un capitaine écossais dans les années 1930. Notre guide du lac Majeur détaille les rives et les liaisons en bateau.
À vingt minutes de route, le lac d'Orta fait un tiers de la taille et reçoit dix fois moins de monde. Orta San Giulio est un bourg piéton de ruelles pavées face à l'Isola San Giulio, occupée par une abbaye bénédictine et une seule rue circulaire. Au-dessus du village, le Sacro Monte d'Orta et ses vingt chapelles font partie des Sacri Monti classés à l'UNESCO. Voir notre page sur le lac d'Orta pour l'organisation d'une journée sur place.

L'Isola San Giulio, sur le lac d'Orta.
Les Alpes piémontaises
La couronne alpine se lit vallée par vallée, du nord au sud. Le Monte Rosa domine la Valsesia, où Alagna garde ses maisons walser en bois et une réputation de terrain de ski hors-piste sérieux. Le parc national du Gran Paradiso, partagé avec la Vallée d'Aoste, se pénètre par Ceresole Reale et le vallon de l'Orco, les bouquetins y sont visibles sans jumelles. Le Val de Suse accueille les stations héritées des Jeux de 2006, Sestrière et Bardonèche, reliées au domaine de la Via Lattea jusqu'à Montgenèvre côté français.
Plus au sud, le Monviso et ses 3 841 mètres marquent la source du Pô, et les Alpes maritimes de la province de Coni offrent des sentiers ouverts jusqu'en octobre, avec les thermes de Vinadio et la vallée Maira comme entrées les plus tranquilles. Une précision utile : ces vallées ne communiquent pas entre elles en voiture, sauf par des cols fermés l'hiver. On les visite en aller-retour depuis la plaine, jamais en boucle.
Résidences des Savoie et Sacra di San Michele
Les Savoie ont semé autour de Turin une couronne de palais qui forment un seul bien UNESCO depuis 1997. La Venaria Reale, ancien pavillon de chasse rendu au public après des décennies d'abandon militaire, est la plus vaste avec ses quatre-vingts hectares de jardins. Le palais de Stupinigi et son plan en croix de Saint-André, le château de Racconigi et son parc à l'anglaise, celui de Rivoli transformé en musée d'art contemporain complètent l'ensemble. Toutes se rejoignent en transports depuis Turin, en trente à cinquante minutes.
À l'entrée du Val de Suse, la Sacra di San Michele est autre chose : une abbaye du Xe siècle bâtie sur un piton rocheux à 962 mètres, dont l'escalier des Morts et l'église suspendue au-dessus du vide ont inspiré le monastère du Nom de la rose. C'est le monument symbole de la région, visible de toute la plaine, et l'accès demande une montée à pied depuis le parking.
Turin et les villes du Piémont
Turin pèse à elle seule un cinquième de la population régionale. Première capitale de l'Italie unifiée entre 1861 et 1865, elle a gardé l'échelle d'une capitale : dix-huit kilomètres d'arcades, des places dessinées au cordeau, et une enfilade de musées qui n'a pas d'équivalent au nord de Florence. Le musée égyptien y détient la deuxième collection du monde après celle du Caire. La Mole Antonelliana, haute de 167 mètres, abrite le musée national du cinéma et un ascenseur panoramique qui traverse la coupole. Le musée de l'automobile rappelle que la ville a été le berceau de la Fiat, dont l'usine de Mirafiori tourne toujours. Notre guide Vivre à Turin détaille les quartiers et le coût de la vie sur place.
Les autres villes se visitent en une journée depuis Turin, souvent en train. Alba est la capitale de la truffe et le siège de Ferrero, avec un centre médiéval hérissé de tours. Asti vit du spumante et du moscato, et court chaque septembre son Palio, une course de chevaux plus ancienne que celle de Sienne. Coni s'ouvre sur les Alpes maritimes avec la plus longue rue à arcades d'Europe. Novare porte une coupole d'Antonelli encore plus haute que la Mole, Verceil règne sur les rizières et Ivrée déroule son patrimoine Olivetti classé. Bra, enfin, est la ville où le mouvement Slow Food est né en 1986.
Truffe d'Alba, Barolo et gianduja
Ici, la table n'est pas un supplément au voyage, elle en est souvent le motif. La truffe blanche d'Alba se ramasse d'octobre à décembre et se négocie plusieurs milliers d'euros le kilo, ce qui explique qu'on la vende au gramme, râpée devant vous sur des œufs ou des tajarin. La foire internationale de la truffe occupe Alba tous les week-ends d'automne, avec une halle de vendeurs agréés et un contrôle de qualité à l'entrée. Chercher soi-même avec un trifolao et son chien reste la meilleure façon de comprendre pourquoi le produit coûte ce prix.
Côté vins, quatre noms suffisent à s'orienter. Le Barolo et le Barbaresco, tous deux issus du nebbiolo, sont les rouges de garde qui ont sorti la région de l'anonymat. La Barbera d'Asti est le vin de tous les jours, plus acide et bien moins cher. Le Moscato d'Asti et l'Asti spumante ferment le repas côté sucré, avec un degré d'alcool très bas. Ajoutez le Gavi et le Roero Arneis pour les blancs.
À table, l'hiver tourne autour de la bagna càuda, une préparation chaude d'anchois fondus à l'ail et à l'huile où chacun trempe ses légumes crus, et du bollito misto servi avec ses sept sauces. Le reste de l'année, on retient le vitello tonnato, les agnolotti del plin pincés à la main, le brasato al Barolo et le riz de la Baraggia, seul riz italien à porter une AOP. Turin a inventé les grissini, le vermouth en 1786 et le bicerin, ce verre étagé de café, chocolat et crème qui se boit debout dans les cafés du centre. Notre page sur la cuisine italienne replace ces spécialités dans l'ensemble du pays.
Le gianduja, enfin, est né d'une pénurie : le blocus napoléonien ayant raréfié le cacao, les chocolatiers turinois l'ont coupé de noisette des Langhe broyée. Le gianduiotto en forme de lingot renversé date de 1865, et c'est de cette recette que descend la pâte à tartiner mise au point un siècle plus tard à Alba.

Truffes blanches d'Alba, vendues au gramme d'octobre à décembre.
Ce qui se réserve à l'avance au Piémont
Trois choses ne s'improvisent pas ici. Les dégustations dans les caves du Barolo, qui reçoivent sur rendez-vous et affichent complet tout l'automne. Les sorties de recherche de truffe avec un trifolao, en nombre limité par la saison. Et les créneaux de la Venaria Reale le week-end, où la file d'attente sur place dépasse vite l'heure.
Quand partir et comment circuler
La meilleure fenêtre ne ressemble pas à celle du reste de l'Italie. Ici, c'est septembre à début novembre : vendanges, lumière rasante sur les collines, ouverture de la saison de la truffe et températures encore douces. Mai et juin arrivent en second, avec des sentiers alpins qui se libèrent progressivement. Juillet et août sont lourds dans la plaine, où Turin dépasse régulièrement les 33 degrés, mais c'est la seule période où la haute montagne est entièrement praticable. De décembre à février, la plaine s'enfonce dans le brouillard et les stations tournent à plein. Notre calendrier quand partir en Italie donne le détail mois par mois.
Voiture ou train, selon le bloc
Pour Turin et les villes de la plaine, le train suffit largement : Milan est à une heure, Alba et Asti sont sur le réseau régional, et le centre de Turin est en ZTL avec amende automatique. Pour les Langhe, les lacs hors de Stresa et toutes les vallées alpines, la voiture devient obligatoire : les villages perchés ne sont desservis que par des cars scolaires. La solution qui marche est mixte, train jusqu'à Turin ou Alba, location sur place pour les collines.
L'accès depuis la France est le plus court de toute l'Italie. En voiture, le tunnel du Fréjus débouche directement dans le Val de Suse, à une heure de Turin, et le tunnel de Tende ouvre sur la province de Coni depuis la Côte d'Azur. L'aéroport de Turin Caselle (TRN) reste modeste, beaucoup de voyageurs atterrissent à Milan Malpensa, à une heure quarante de route et bien mieux desservi, ou à Bergame pour les vols à bas coût. Turin est aussi relié à Paris par la ligne ferroviaire de la Maurienne, environ cinq heures trente quand elle circule normalement. Pour un circuit plus large, notre dossier sur l'Italie du Nord aide à enchaîner le Piémont avec les lacs lombards ou la Ligurie.
Ville, vignoble ou montagne
La région se lit en trois blocs qui demandent chacun une base et un mode de transport différents. Les départager avant de réserver évite de passer le séjour sur l'autoroute.
Turin et les résidences royales
Province de Turin
- Un centre baroque cohérent, dix-huit kilomètres d'arcades et des musées de premier rang
- Quatre palais des Savoie classés à l'UNESCO à moins de trente kilomètres
- Tout se fait en métro, tram et train de banlieue, sans voiture
- La base la plus économique de la région pour dormir
Les Langhe et le Monferrato
Provinces de Coni, Asti, Alexandrie
- Barolo, Barbaresco, Barbera et Moscato sur un paysage viticole classé
- Alba pour la truffe blanche, Bra pour le fromage et le Slow Food
- Voiture indispensable, les villages sont perchés et mal reliés entre eux
- Septembre à novembre est la saison forte, vendanges puis truffe
Les lacs et les Alpes
Verbano-Cusio-Ossola, vallées alpines
- Rive ouest du lac Majeur, îles Borromées, lac d'Orta et Sacri Monti
- Val de Suse et Monte Rosa pour le ski, Gran Paradiso pour la marche
- Deux saisons nettes, l'hiver pour les stations, juin à septembre pour les sentiers
- Les vallées se remontent une par une, sans traverse d'une à l'autre
Sur sept jours, le couple qui fonctionne le mieux est Turin plus Langhe, une heure de route entre les deux et deux ambiances opposées. Les amateurs de lacs remplaceront les collines par Stresa et Orta San Giulio, également accessibles depuis Turin. La montagne, elle, se traite comme un voyage à part : les vallées se remontent une par une, et il faut redescendre dans la plaine pour passer de l'une à l'autre.
Vivre au Piémont
Le Piémont est l'une des rares régions du Nord où l'immobilier reste abordable. À 1 319 €/m² en moyenne dans l'ancien, la région se situe sous la moyenne nationale, et c'est la seule du Nord à figurer dans le bas du classement. La moyenne est tirée vers le bas par les vallées alpines et les petites communes en dépeuplement, où l'on trouve des maisons à restaurer pour le prix d'un garage à Milan. Turin coûte plus, sans approcher les niveaux lombards, et les Langhe font exception avec des prix tirés par les acheteurs étrangers. Notre comparatif des prix de l'immobilier par région place les vingt régions dans l'ordre.
Côté travail, la région sort d'une longue reconversion. L'automobile a perdu l'essentiel de ses emplois industriels, remplacés en partie par l'aérospatial, l'agroalimentaire avec Ferrero et Lavazza, et un pôle universitaire important autour du Politecnico de Turin. Le résultat est contrasté : Turin et ses environs recrutent, les vallées se vident. Le pôle universitaire entretient en revanche un vrai marché locatif étudiant, avec des loyers parmi les plus bas des grandes villes du Nord.
Sur la fiscalité, il faut écarter tout de suite la flat tax de 7 % pour les retraités étrangers, réservée aux petites communes du Sud et donc inaccessible ici. Les actifs qui transfèrent leur résidence relèvent du régime des impatriés, les retraités du régime commun décrit dans notre page retraite en Italie. Les démarches ne varient pas d'une région à l'autre : codice fiscale, inscription à l'Anagrafe de la commune, puis couverture santé.
Restent deux réserves à connaître avant de s'installer. La plaine du Pô souffre d'une qualité de l'air médiocre en hiver, Turin figurant régulièrement parmi les villes italiennes les plus exposées aux particules fines, et le brouillard peut tenir des semaines de décembre à février. Et les communes de montagne, aussi séduisantes que soient leurs prix, perdent des habitants depuis des décennies : école, médecin et commerces y sont parfois à vingt minutes de route. Les collines et les rives des lacs échappent aux deux problèmes, ce qui explique qu'une bonne part des étrangers installés dans la région s'y concentre.
Questions fréquentes sur le Piémont
Que visiter au Piémont ?
Turin d'abord, pour ses palais savoyards, son musée égyptien et la Mole Antonelliana. Les Langhe ensuite, le vignoble classé à l'UNESCO autour d'Alba, de Barolo et de Barbaresco. Puis la rive piémontaise du lac Majeur avec les îles Borromées, et le lac d'Orta juste à côté. Côté montagne, le Val de Suse et ses stations, le massif du Monte Rosa à Alagna, le parc national du Gran Paradiso et le Monviso, où le Pô prend sa source. Ajoutez la Sacra di San Michele au-dessus de la vallée, les résidences royales de Venaria et de Stupinigi, et les villages du Monferrato.
Quelle est la capitale du Piémont ?
Turin. La ville a été la première capitale de l'Italie unifiée, de 1861 à 1865, avant Florence puis Rome, et elle en a gardé une allure de capitale : arcades sur des kilomètres, places à l'ordonnance royale, ministères transformés en musées. La région compte huit provinces, Turin, Coni, Alexandrie, Asti, Novare, Verceil, Biella et le Verbano-Cusio-Ossola, mais aucune autre ville n'approche le poids du chef-lieu.
Quelle est la plus belle ville du Piémont ?
Turin remporte le vote sans surprise, pour la cohérence de son centre baroque et la densité de ses musées. Derrière, Alba tient la comparaison avec ses tours médiévales et sa position au milieu des Langhe. Asti a la plus belle collection d'églises romanes de la région, Novare une coupole d'Antonelli plus haute que celle de la Mole, et Verceil un patrimoine gothique méconnu. Alexandrie et Biella se visitent en une demi-journée chacune, plutôt en complément qu'en destination principale.
Quel est un village typique du Piémont ?
Orta San Giulio sur le lac d'Orta est le plus photographié, avec son île monastique à deux cents mètres du rivage. Dans les Langhe, Neive, Barolo, La Morra et Serralunga d'Alba alignent des châteaux et des caves au milieu des vignes. Le Monferrato a Grinzane Cavour et ses tuiles rouges, les Alpes ont Usseaux et ses fresques, la Valsesia a Alagna et ses maisons walser en bois. Vogogna, dans l'Ossola, garde un bourg médiéval intact sur la route du Simplon.
Quelle est la spécialité piémontaise ?
La truffe blanche d'Alba, ramassée d'octobre à décembre et vendue plusieurs milliers d'euros le kilo, est le produit qui a fait la réputation gastronomique de la région. À table, la bagna càuda, une fondue chaude d'anchois, d'ail et d'huile où l'on trempe des légumes crus, reste le plat de partage de l'hiver. Ajoutez le vitello tonnato, les agnolotti del plin, les tajarin au jaune d'œuf et le brasato al Barolo. Côté sucré, le gianduiotto de Turin et sa noisette des Langhe, ancêtre direct de toutes les pâtes à tartiner du monde.
Combien de jours faut-il pour visiter le Piémont ?
Une semaine permet de tenir deux blocs sans courir. Trois nuits à Turin, avec une journée pour les résidences des Savoie en périphérie, puis trois nuits dans les Langhe, base idéale à Alba ou dans un village du Barolo. Ceux qui viennent pour les lacs remplaceront le second bloc par Stresa ou Orta San Giulio. Ajouter la montagne au même séjour n'a de sens qu'à partir de dix jours, parce que les vallées alpines se remontent une par une, sans liaison transversale.
