VIVRE EN ITALIELe guide francophone
Contact
Fiscalité

Flat tax 7 % : la fiscalité avantageuse des retraités en Italie

Pensions et revenus étrangers imposés à 7 % pendant 10 ans en vous installant dans le sud de l'Italie. Conditions 2026, communes éligibles et calculateur.

La flat tax à 7 % est la fiscalité la plus attractive d'Italie pour les retraités étrangers : en vous installant dans le sud du pays, vous pouvez n'être imposé qu'à 7 % sur toutes vos pensions et revenus de source étrangère, pendant dix ans. Un dispositif méconnu, pensé pour repeupler les petites communes du Mezzogiorno et particulièrement intéressant pour les retraités français. Voici comment il fonctionne, qui peut en profiter et où s'installer, chiffres 2026 vérifiés.

La flat tax à 7 % pour les retraités, c'est quoi ?

Officiellement « régime des pensionati esteri », ce dispositif permet aux nouveaux résidents titulaires d'une pension étrangère d'opter pour une imposition forfaitaire de 7 % sur l'ensemble de leurs revenus de source étrangère. Pas seulement la pension : aussi les loyers, dividendes, intérêts et plus-values perçus hors d'Italie. Ce taux unique remplace le barème progressif de l'IRPEF, qui grimpe jusqu'à 43 %. Pour un retraité aux revenus moyens, l'impôt est souvent divisé par trois ou quatre.

Comparez votre imposition à 7 % avec le barème classique grâce au calculateur ci-dessous :

Estimez votre impôt

Impôt Annuel (7%)

2 100 €

Reste à vivre : 27 900 € / an

En France, l'impôt moyen sur une pension similaire serait d'environ 2 594 €

Qui peut en bénéficier ?

  • Percevoir une pension versée par un organisme étranger (caisse de retraite publique ou privée hors d'Italie).
  • Ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des cinq années précédant le transfert.
  • Venir d'un pays ayant un accord de coopération fiscale avec l'Italie : la France en fait partie.
  • Transférer sa résidence dans une commune éligible du Sud (voir ci-dessous).

Où s'installer ? Les communes éligibles

Le régime vise huit régions du Mezzogiorno : Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Pouilles, Basilicate, Abruzzes et Molise. La commune doit compter moins de 30 000 habitants : un seuil relevé de 20 000 à 30 000 le 7 avril 2026, ce qui ouvre désormais le dispositif à beaucoup plus de villes, y compris des chefs-lieux de taille moyenne.

Concrètement, les Pouilles, la Sicile et la côte autour de Naples regorgent de communes éligibles, souvent au bord de la mer et à l'immobilier abordable. Certains villages proposent même des maisons à 1 €.

Combien de temps et sur quels revenus ?

L'avantage dure dix ans : l'année où vous exercez l'option et les neuf périodes d'imposition suivantes. Pendant toute cette durée, le taux de 7 % s'applique à la totalité de vos revenus de source étrangère, sans distinction : pensions, loyers, dividendes, intérêts, plus-values. Le régime est « tout ou rien », impossible d'en exclure certains revenus. Au terme des dix ans, vous repassez au barème ordinaire de l'IRPEF.

Comment en bénéficier ? (démarches)

Première étape : obtenir votre codice fiscale et transférer officiellement votre résidence (inscription à l'Anagrafe de la commune choisie). L'option s'exerce ensuite dans votre première déclaration de revenus italienne (dichiarazione dei redditi) suivant le transfert. Attention : la convention fiscale franco-italienne évite la double imposition, mais certaines pensions publiques (fonctionnaires) restent imposables en France. Faites valider votre cas par un commercialista avant de déménager.

Exemple : pension de 2 000 €/mois imposée à 7 %

Prenons un retraité percevant 2 000 € de pension par mois, soit 24 000 € par an, de source française. Sous la flat tax, son impôt italien s'élève à 7 % × 24 000 = 1 680 € par an (140 € par mois). Au barème ordinaire de l'IRPEF (23 % jusqu'à 28 000 €), il aurait acquitté environ 5 500 € (hors abattements et surtaxes locales) : l'économie atteint près de 3 800 € par an, soit environ 38 000 € sur dix ans. Pour un couple aux pensions plus confortables, le gain se chiffre en dizaines de milliers d'euros. Les actifs, eux, relèvent d'un autre dispositif : le régime des impatriés.

Le piège des pensions publiques françaises

C'est le point qui disqualifie une partie des candidats, et il vaut mieux le vérifier avant de vendre sa maison. La convention fiscale entre la France et l'Italie traite différemment deux catégories de pensions. Les pensions privées, celles du régime général et des complémentaires Agirc-Arrco, sont imposables dans l'État de résidence : elles entrent donc bien dans la flat tax italienne. Les pensions publiques, versées au titre d'un emploi d'État, restent imposables en France quelle que soit votre résidence.

Concrètement, un ancien enseignant, militaire, policier ou agent territorial continue de payer l'impôt français sur cette pension, sans pouvoir la loger à 7 %. Le régime garde alors un intérêt pour le reste : retraite complémentaire de source privée, loyers, dividendes, plus-values. Mais l'économie annoncée fond, et le calcul doit être refait poste par poste. Une carrière mixte, public puis privé, se retrouve avec deux pensions traitées différemment, ce qui impose une déclaration dans chacun des deux pays.

Santé, patrimoine et succession

Trois effets collatéraux méritent d'entrer dans la décision, et ils jouent tous dans le bon sens.

  • La santé : un retraité français qui transfère sa résidence obtient un formulaire S1 de sa caisse et s'inscrit au Servizio Sanitario Nazionale italien, dont la France prend la charge. Vous êtes couvert comme un résident italien, sans cotisation supplémentaire. Reste à compléter par une assurance santé privée si vous voulez éviter les délais d'attente du public.
  • Le patrimoine détenu hors d'Italie : les bénéficiaires du régime échappent à l'IVIE, la taxe sur l'immobilier étranger, et à l'IVAFE sur les placements financiers étrangers. Ils sont aussi dispensés du quadro RW, la déclaration annuelle de suivi des avoirs à l'étranger. Pour qui garde un appartement et un portefeuille en France, l'économie s'ajoute à celle de la flat tax.
  • La succession : les droits italiens comptent parmi les plus légers d'Europe, avec un taux de 4 % en ligne directe au-delà d'un abattement d'un million d'euros par héritier. L'écart avec le barème français est considérable, mais la résidence fiscale ne suffit pas à elle seule à déterminer la loi applicable : c'est un sujet à traiter avec un notaire des deux côtés.

La flat tax italienne face au Portugal et à la Grèce

L'Italie n'est pas seule sur ce terrain, mais sa position s'est nettement améliorée. Le Portugal, longtemps la destination réflexe des retraités français, a fermé son statut de résident non habituel aux nouveaux arrivants à partir de 2024 : les pensions y sont désormais imposées au barème, très progressif. La Grèce propose un régime jumeau, également à 7 %, mais sur quinze ans au lieu de dix, sans condition de taille de commune. Chypre applique 5 % au-delà d'un petit abattement.

Le vrai différenciateur italien n'est donc pas le taux, mais ce que le régime couvre : l'ensemble des revenus étrangers, pas seulement la pension, avec en prime la dispense d'IVIE, d'IVAFE et de déclaration de patrimoine. En contrepartie, l'obligation de résider dans une petite commune du Sud est contraignante, et elle suppose d'accepter les services publics et les liaisons de transport du Mezzogiorno. Ce compromis est au cœur de la décision, comme le rappelle notre bilan des avantages et inconvénients d'une vie en Italie.

Comment on perd le bénéfice du régime

Trois situations mettent fin à l'avantage avant les dix ans. D'abord le déménagement vers une commune de plus de 30 000 habitants ou hors des huit régions éligibles : le régime tombe à compter de l'année concernée. Ensuite le non-paiement de l'impôt forfaitaire dans les délais, qui entraîne la déchéance et le retour au barème ordinaire. Enfin la renonciation volontaire, toujours possible mais définitive : on ne peut pas réactiver le régime après en être sorti.

Un point d'attention supplémentaire concerne la résidence réelle. L'administration italienne ne se contente pas de l'inscription à l'Anagrafe : elle regarde où se trouve le centre des intérêts vitaux, où l'on passe plus de 183 jours par an, où vivent la famille et les comptes. Garder sa résidence principale en France tout en étant inscrit dans un village calabrais expose à un redressement dans les deux pays. Faites valider le montage par un commercialista avant le déménagement, pas après.

Questions fréquentes sur la flat tax 7 %

Comment fonctionne la flat tax 7 % en Italie ?

Les retraités étrangers qui transfèrent leur résidence dans une commune éligible du Sud sont imposés à 7 % sur l'ensemble de leurs revenus de source étrangère (pension, mais aussi loyers, dividendes, plus-values), pendant dix ans. Ce taux forfaitaire remplace le barème progressif de l'IRPEF.

Quelles communes sont éligibles à la flat tax retraités ?

Les communes de moins de 30 000 habitants (seuil relevé de 20 000 à 30 000 en avril 2026) situées dans l'une des huit régions du Sud : Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Pouilles, Basilicate, Abruzzes et Molise.

Qui peut bénéficier de la flat tax 7 % en Italie ?

Les retraités percevant une pension versée par un organisme étranger, qui n'ont pas été résidents fiscaux italiens les cinq années précédentes et qui viennent d'un pays ayant un accord de coopération fiscale avec l'Italie (cas de la France).

Combien de temps dure la flat tax 7 % en Italie ?

Dix ans : l'année de l'option et les neuf périodes d'imposition suivantes. Au-delà, vous basculez sur l'imposition de droit commun.

Un ancien fonctionnaire français peut-il profiter de la flat tax italienne ?

Rarement pour l'essentiel de sa pension. La convention fiscale franco-italienne réserve à la France l'imposition des pensions versées au titre d'un emploi public, quelle que soit la résidence du retraité. Une pension de fonctionnaire, de militaire ou d'agent territorial reste donc imposée en France et échappe à la flat tax. Seuls les revenus complémentaires de source étrangère, retraite privée, loyers ou dividendes, peuvent entrer dans le régime.

La flat tax dispense-t-elle de déclarer ses comptes à l'étranger ?

Oui. Les bénéficiaires du régime sont dispensés du suivi patrimonial du quadro RW et ne paient ni l'IVIE sur l'immobilier détenu hors d'Italie, ni l'IVAFE sur les placements financiers étrangers. C'est un avantage souvent oublié dans les comparaisons, qui pèse lourd pour un patrimoine resté en France.

Les revenus de source italienne sont-ils aussi taxés à 7 % ?

Non. Le taux forfaitaire ne concerne que les revenus de source étrangère. Un loyer perçu sur un bien situé en Italie, une activité exercée sur place ou des intérêts versés par une banque italienne restent soumis au barème ordinaire de l'IRPEF et aux surtaxes régionales et communales.

Que se passe-t-il si je déménage dans une grande ville pendant les dix ans ?

Le bénéfice du régime tombe à compter de l'année où la condition de résidence n'est plus remplie. Un déménagement vers une commune de plus de 30 000 habitants, ou hors des huit régions éligibles, met fin à l'avantage sans effet rétroactif sur les années passées, sauf fraude. Le non-paiement de l'impôt forfaitaire dans les délais entraîne également la déchéance.

Sommaire