Régime des impatriés en Italie : payez 50 % d'impôt en moins
Jusqu'à 50 % (60 % avec enfant) de vos revenus de travail exonérés pendant 5 ans. Conditions 2026, exemple chiffré et calculateur de salaire net.
Le régime des impatriés en Italie (les lavoratori impatriati, surnommés rientro dei cervelli) est l'argument fiscal numéro un de l'expatriation : les nouveaux résidents actifs ne sont imposés que sur la moitié de leurs revenus de travail. Vous pouvez donc payer jusqu'à 50 % d'impôt sur le revenu en moins pendant cinq ans. Voici, chiffres 2026 à l'appui, comment il fonctionne, qui peut en profiter et comment le demander.
Qu'est-ce que le régime des impatriés ?
Le régime « impatriati » est un dispositif fiscal italien qui exonère d'impôt une partie des revenus de travail produits en Italie par les personnes qui y transfèrent leur résidence fiscale. Il a été profondément réformé : pour toute résidence transférée depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, l'exonération est passée de 70-90 % à 50 %, mais reste l'un des régimes les plus généreux d'Europe.
Il concerne les revenus de travail salarié, assimilés et indépendants (professions libérales). Nouveauté confirmée par l'Agenzia delle Entrate début 2026 : il est compatible avec le télétravail pour un employeur étranger, à condition que l'activité soit exercée majoritairement depuis l'Italie. De quoi intéresser cadres en mobilité, indépendants et digital nomades.
Quelle réduction d'impôt ? (50 %)
Le mécanisme est simple : 50 % de vos revenus de travail sont exonérés. Vous n'êtes donc imposé que sur la moitié, dans la limite de 600 000 € de revenu par an. L'exonération grimpe à 60 % si vous vous installez avec un enfant mineur, ou si un enfant naît ou est adopté pendant la période.
Exemple concret : un cadre qui s'installe à Milan avec un salaire brut de 80 000 €. Seuls 40 000 € (50 %) entrent dans l'assiette de l'IRPEF. Au barème 2026, l'impôt passe d'environ 27 000 € (sur 80 000 €) à environ 10 600 € (sur 40 000 €) : près de 16 000 € d'économie par an, soit jusqu'à 80 000 € sur cinq ans (hors addizionali régionales et communales, à affiner selon votre profil).
Estimez votre propre gain avec le calculateur ci-dessous : il applique le barème IRPEF 2026 et l'abattement du régime.
Votre Situation
Salaire Net Estimé (Annuel)
48 220 €
Sans le régime :environ 38 417 €
Gain fiscal estimé :+9 803 € / an
Conditions d'éligibilité
✅ Résidence
Ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 3 années précédentes (5 ans pour certains profils).
✅ Engagement
S'engager à rester résident fiscal en Italie pendant au moins 4 ans.
✅ Activité
Exercer une activité de travail en Italie (salarié, indépendant, entrepreneur). Diplôme universitaire requis.
Important : Ce simulateur est indicatif. Les règles fiscales ont évolué significativement depuis la réforme de 2024. Faites-vous accompagner par un fiscaliste pour valider votre éligibilité exacte.
Qui peut en bénéficier ? Conditions d'éligibilité
Ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des trois années précédant le transfert (six à sept ans si vous travaillez pour le même employeur ou groupe qu'avant le départ).
Transférer sa résidence fiscale en Italie et s'engager à y rester au moins quatre ans, sous peine de remboursement des avantages perçus, avec intérêts.
Exercer son activité principalement en Italie (plus de 183 jours par an sur le territoire).
Justifier d'un niveau de qualification ou de spécialisation élevé (condition introduite par la réforme 2024).
Combien de temps dure l'avantage ?
L'avantage s'applique sur cinq périodes d'imposition : l'année du transfert de résidence et les quatre suivantes. Contrairement à l'ancien régime, le nouveau dispositif ne prévoit plus de prolongation de cinq années supplémentaires. Au terme des cinq ans, vous basculez sur l'imposition de droit commun. L'engagement de résidence de quatre ans reste impératif : un départ anticipé annule rétroactivement l'avantage et déclenche un remboursement avec intérêts.
Comment en faire la demande ?
Première étape indispensable : obtenir votre codice fiscale et transférer officiellement votre résidence (inscription à l'Anagrafe de votre commune). Ensuite, deux cas :
Salarié : demande écrite à votre employeur italien, qui applique l'abattement de 50 % directement sur la fiche de paie.
Indépendant : activation dans votre déclaration de revenus annuelle (dichiarazione dei redditi).
Conservez les preuves de votre résidence à l'étranger sur la période antérieure. Vu les montants en jeu et la technicité (articulation avec la fiscalité française, convention de non double imposition), faire valider votre éligibilité par un commercialista spécialisé est un investissement vite rentabilisé. Pensez aussi à votre assurance santé le temps de l'affiliation au SSN.
Régime impatriés vs flat tax retraités : lequel choisir ?
Les deux grands régimes de faveur italiens ne visent pas le même public. Le régime des impatriés est fait pour les actifs (salariés et indépendants) : il exonère 50 % de leurs revenus de travail. La flat tax à 7 % pour les retraités s'adresse, elle, aux retraités percevant une pension étrangère qui s'installent dans une petite commune du Sud : elle impose forfaitairement à 7 % leurs revenus de source étrangère pendant dix ans.
En clair : vous travaillez → impatriés ; vous êtes retraité → flat tax 7 %. Si vous préparez votre arrivée, notre guide pour travailler en Italie détaille le marché, les salaires et les contrats. Pour une vue d'ensemble de la fiscalité, voyez notre guide de la fiscalité en Italie.
Questions fréquentes sur le régime des impatriés
De combien le régime impatriés réduit-il l'impôt ?
Il exonère 50 % de vos revenus de travail produits en Italie : vous n'êtes imposé que sur la moitié, dans la limite de 600 000 € de revenu par an. L'exonération monte à 60 % si vous vous installez avec un enfant mineur, ou si un enfant naît ou est adopté pendant la période.
Qui est éligible au régime des impatriés en Italie ?
Il faut ne pas avoir été résident fiscal italien les 3 années précédentes, transférer sa résidence fiscale en Italie en s'engageant à y rester au moins 4 ans, exercer son activité principalement en Italie (plus de 183 jours par an) et justifier d'un niveau de qualification ou de spécialisation élevé.
Combien de temps dure le régime impatriés ?
Cinq périodes d'imposition : l'année du transfert de résidence et les quatre suivantes. Le nouveau régime, applicable depuis 2024, ne prévoit pas de prolongation au-delà de ces 5 ans. L'engagement de résidence minimal reste de 4 ans.
Régime impatriés ou flat tax : quelle différence ?
Le régime des impatriés s'adresse aux actifs (salariés et indépendants) et exonère 50 % de leurs revenus de travail. La flat tax à 7 % vise les retraités qui s'installent dans une petite commune du Sud et impose forfaitairement leurs pensions et revenus étrangers.