La fiscalité en Italie a la réputation d'être lourde et complexe. C'est en partie vrai : l'impôt sur le revenu y est progressif et l'administration tatillonne. Mais pour un expatrié français, le tableau est plus nuancé, car l'Italie a mis en place des régimes parmi les plus avantageux d'Europe pour attirer les nouveaux résidents.
Ce guide fait le tour complet : comment devenir résident fiscal, comment fonctionne l'IRPEF, quels autres impôts anticiper, comment éviter la double imposition France-Italie, et quels régimes de faveur peuvent diviser votre note par deux.
Devenir résident fiscal en Italie
Tout commence par la résidence fiscale : c'est elle qui détermine où vous êtes imposé sur l'ensemble de vos revenus mondiaux. En Italie, vous êtes considéré comme résident fiscal si, pendant la majeure partie de l'année (plus de 183 jours), vous remplissez l'une de ces conditions : être inscrit au registre de la population résidente (l'anagrafe de votre commune), avoir votre domicile (le centre de vos intérêts personnels et économiques) ou votre résidence habituelle en Italie. Une seule condition suffit.
Concrètement, dès que vous installez votre foyer en Italie et que vous y passez plus de six mois par an, l'administration fiscale (l'Agenzia delle Entrate) vous impose sur vos revenus mondiaux. En miroir, un Italien qui s'expatrie doit s'inscrire à l'AIRE (le registre des Italiens résidant à l'étranger) pour cesser d'être résident. Côté français, signalez votre départ à l'administration pour éviter d'être considéré comme résident des deux pays la même année.
La règle des 183 jours est le critère le plus connu, mais le centre des intérêts vitaux prime souvent en cas de litige : si votre famille, votre travail et vos comptes sont en Italie, vous y êtes résident, même en voyageant beaucoup. Première démarche indispensable : obtenir son codice fiscale, le numéro fiscal exigé pour la moindre opération.
L'impôt sur le revenu italien (IRPEF) : barème 2026
L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) est l'équivalent italien de l'impôt sur le revenu. Depuis la réforme de 2024, rendue structurelle pour les années suivantes, il repose sur trois tranches progressives :
- 23 % jusqu'à 28 000 €
- 35 % de 28 000 € à 50 000 €
- 43 % au-delà de 50 000 €
À cet impôt national s'ajoutent deux surtaxes locales (les addizionali) : l'addizionale regionale (de 1,23 % à 3,33 % environ selon la région) et l'addizionale comunale (jusqu'à 0,9 % selon la commune). Le taux marginal réel peut donc approcher 47 % sur les hauts revenus.
Comparé à la France, le barème italien démarre plus haut (23 % dès le premier euro imposable, là où la France applique une première tranche à 0 % puis 11 %) mais plafonne à 43 %, contre 45 % en France. Pour un revenu moyen, la pression fiscale est globalement comparable. C'est justement pour cela que les régimes de faveur changent radicalement la donne.
Les autres impôts à connaître
Au-delà de l'IRPEF, plusieurs impôts rythment la vie en Italie :
- L'IMU (Imposta Municipale Unica) est la taxe foncière italienne. Elle n'est pas due sur la résidence principale (prima casa), sauf biens de luxe (catégories cadastrales A/1, A/8, A/9), mais s'applique aux résidences secondaires et aux investissements locatifs. Si vous comptez acheter un bien en Italie, intégrez-la à votre budget.
- L'IVA (Imposta sul Valore Aggiunto) est la TVA italienne : taux normal de 22 %, avec des taux réduits à 10 %, 5 % et 4 % (alimentation, produits de première nécessité).
- S'ajoutent des taxes locales comme la TARI (ordures ménagères) et, pour les indépendants, l'éventuelle IRAP régionale. Les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) sont généralement soumis à un prélèvement forfaitaire de 26 %.
Double imposition : la convention France-Italie
La crainte numéro un des expatriés : payer l'impôt deux fois, en France et en Italie. La convention fiscale franco-italienne du 5 octobre 1989 existe précisément pour l'éviter. Elle répartit le droit d'imposer entre les deux pays selon la nature des revenus (salaires, pensions, revenus immobiliers, etc.).
Le mécanisme principal est le crédit d'impôt : si un revenu a déjà été imposé dans le pays de la source, votre pays de résidence vous accorde un crédit égal à l'impôt déjà payé, de sorte que vous n'êtes pas taxé deux fois. Un loyer perçu pour un bien situé en France, par exemple, reste imposable en France, mais l'Italie en tient compte via ce crédit.
Attention : la convention règle qui impose quoi, mais elle ne vous dispense pas de déclarer. En tant que résident italien, vous devez déclarer vos revenus mondiaux en Italie, même ceux déjà taxés en France. En cas de situation complexe (revenus mixtes, biens dans les deux pays), un commercialista ou un fiscaliste franco-italien est un investissement vite rentabilisé.
Les régimes fiscaux avantageux
C'est ici que l'Italie devient réellement attractive. Deux dispositifs sortent du lot et justifient à eux seuls beaucoup d'installations.
Régime des impatriés (-50 %)
Le régime des impatriés (lavoratori impatriati) permet, sous conditions, de n'être imposé que sur une fraction de vos revenus du travail pendant plusieurs années après votre installation. À la clé, une économie d'impôt massive pour les salariés, indépendants et travailleurs à distance qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie. On détaille les conditions et le calcul dans notre guide Régime des impatriés : -50 % d'impôt, avec un simulateur de gain.
Flat tax retraités 7 %
Les retraités touchant une pension étrangère peuvent, en s'installant dans une petite commune du Sud (moins de 20 000 habitants, en Sicile, Calabre, Pouilles…), opter pour une imposition forfaitaire de 7 % sur l'ensemble de leurs revenus de source étrangère, pendant dix ans. Tous les détails dans notre guide Flat tax 7 % pour les retraités.
Comment déclarer ses impôts en Italie
La déclaration de revenus s'appelle la dichiarazione dei redditi. Deux formulaires principaux : le Modello 730 (salariés et retraités, avec l'aide d'un CAF ou d'un commercialista) et le Modello Redditi PF (indépendants et situations plus complexes). Le calendrier court du printemps à l'automne, avec des échéances autour de septembre-octobre.
Avant toute chose, il vous faut votre codice fiscale : sans lui, aucune démarche fiscale n'est possible. Beaucoup d'expatriés passent par un commercialista (expert-comptable) la première année : c'est le réflexe sûr pour appliquer correctement la convention France-Italie et activer le bon régime de faveur.
Combien pourriez-vous économiser ?
Le régime des impatriés peut réduire votre impôt italien de moitié. Estimez votre gain réel en quelques secondes avec notre simulateur.
Simuler mes impôts →Questions fréquentes sur la fiscalité en Italie
Quand devient-on résident fiscal en Italie ?
Vous êtes résident fiscal italien si, pendant plus de 183 jours dans l'année, vous remplissez l'une de ces conditions : être inscrit au registre de la population résidente (anagrafe), avoir votre domicile (centre de vos intérêts personnels et économiques) ou votre résidence habituelle en Italie. Une seule condition suffit, et vous êtes alors imposé sur vos revenus mondiaux.
Quel est le taux d'imposition en Italie ?
L'impôt sur le revenu (IRPEF) est progressif en trois tranches : 23 % jusqu'à 28 000 €, 35 % de 28 000 à 50 000 €, puis 43 % au-delà. S'y ajoutent les surtaxes locales (addizionali régionale, de 1,23 à 3,33 % environ, et communale, jusqu'à 0,9 %), ce qui porte le taux marginal réel vers 47 % sur les hauts revenus.
Comment éviter la double imposition France-Italie ?
La convention fiscale franco-italienne du 5 octobre 1989 répartit le droit d'imposer entre les deux pays et évite la double imposition via un crédit d'impôt : un revenu déjà taxé dans le pays de la source ouvre droit, dans votre pays de résidence, à un crédit égal à l'impôt déjà payé. Vous devez toutefois déclarer vos revenus mondiaux en Italie.
Qu'est-ce que l'IRPEF ?
L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) est l'impôt italien sur le revenu des personnes physiques, l'équivalent de l'impôt sur le revenu français. Il s'applique aux salaires, pensions, revenus d'indépendants et revenus fonciers, selon un barème progressif.

