Un stage en Italie vous met dans la quatrième économie d'Europe, à deux heures d'avion, avec une ligne de CV que peu de candidats français ont. Le pays compte des milliers d'offres ouvertes aux étrangers, en particulier dans le triangle Milan-Bologne-Turin. Reste que le système italien du tirocinio ne ressemble pas au stage français, et que c'est là que se joue la différence entre six mois payés et six mois à vos frais.
Où trouver un stage en Italie : les canaux qui marchent
Le réflexe qui change tout. Cherchez tirocinio, pas « stage ». Le mot français existe en italien, mais c'est tirocinio qui figure dans les textes de loi et dans l'intitulé des annonces. Sur les mêmes plateformes, la requête tirocinio Milano fait remonter plusieurs fois plus d'offres que stage Milano.
Cinq canaux mènent à un stage italien, et ils ne se valent pas. Le tableau ci-dessous les compare sur ce qui compte vraiment quand on organise un départ : ce que ça vous coûte, combien de temps il faut s'y prendre à l'avance, et si vous serez payé au bout.
| Canal | Coût pour vous | À anticiper | Rémunéré ? |
|---|---|---|---|
| Erasmus+ via votre école | Gratuit | 4 à 6 mois | Bourse d'environ 620 € / mois |
| Plateformes italiennes | Gratuit | 1 à 3 mois | Selon le type de tirocinio |
| Portails européens (EURES) | Gratuit | 1 à 3 mois | Souvent, offres filtrables |
| Candidature spontanée | Gratuit | 2 à 4 mois | À négocier, souvent non |
| Organisme de placement | 600 à 2 000 € | Quelques semaines | Rarement |
Les organismes de placement occupent une bonne partie de la première page de Google sur cette recherche, et leur promesse est réelle : ils trouvent l'entreprise, montent la convention et logent parfois le stagiaire. Mais vous payez plusieurs centaines d'euros pour un service que le bureau des relations internationales de votre école rend gratuitement. Gardez cette option pour les cas où vous n'avez ni établissement porteur ni temps devant vous.
Les plateformes italiennes à connaître
Cliclavoro est le portail public du ministère du Travail : moins d'offres que les sites privés, mais des annonces vérifiées et un accès direct aux dispositifs régionaux. InfoJobs.it et Indeed.it concentrent le volume, avec un filtre tirocinio dédié. Repubblica degli Stagisti est le site spécialisé de référence : il publie des offres, mais surtout une charte de qualité et un classement des entreprises qui traitent correctement leurs stagiaires, ce qui vaut le détour avant de signer. LinkedIn reste le passage obligé à Milan, où les recruteurs des multinationales sourcent presque uniquement là.
N'oubliez pas les career services des universités italiennes. La plupart publient en accès libre les offres que les entreprises leur envoient, et ces annonces sont beaucoup moins concurrentielles que celles des grandes plateformes. Le réseau franco-italien joue aussi : la Chambre de commerce française en Italie et les associations d'échange comme TELI diffusent des offres explicitement ouvertes aux francophones.
Passer par Erasmus+ : le chemin le plus court
Si vous êtes inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur, le stage Erasmus+ est presque toujours la meilleure porte d'entrée. Votre école devient l'ente promotore, ce qui règle d'un coup le problème de la convention, et vous touchez une bourse même si l'entreprise italienne ne verse rien.
L'Italie est classée dans le groupe 2 des pays de destination. Un stage y ouvre droit à environ 620 € par mois, complément stage de 150 € inclus, puisque la vie en entreprise coûte plus cher qu'un semestre sur un campus. Un complément inclusion de 250 € par mois s'ajoute en situation de handicap ou d'affection longue durée. Le montant exact est arrêté par votre établissement d'origine, qui dispose d'une marge dans la fourchette nationale : demandez-le noir sur blanc avant de bâtir votre budget.
La durée minimale est de deux mois. Comptez quatre à six mois d'avance pour le dossier, parce que la bourse dépend d'une enveloppe annuelle qui s'épuise : les candidatures tardives passent après.
Le CV à l'italienne et la candidature spontanée

Le curriculum vitae italien tient sur une page, va droit au but et se double toujours d'une lettera di presentazione. Deux différences avec la France méritent qu'on s'y arrête. La photo reste courante et son absence se remarque. Et il faut ajouter en pied de CV la mention d'autorisation au traitement des données personnelles, l'autorizzazione al trattamento dei dati personali : sans elle, certains services RH écartent le dossier par principe.
Écrivez en italien, même imparfait. Les PME familiales répondent mal aux candidatures en anglais, et elles publient peu : elles recrutent sur recommandation ou sur un mail qui tombe au bon moment. Ciblez une vingtaine de sociétés dans votre secteur, relancez par téléphone après une semaine. Le taux de réponse est faible, mais la concurrence y est presque nulle.
Tirocinio curriculare ou extracurriculare : la distinction qui décide de tout
La réponse courte. Votre stage compte pour votre diplôme : curriculare, et l'entreprise n'est obligée à aucune indemnité. Votre stage est hors cursus, après un diplôme ou pendant une recherche d'emploi : extracurriculare, et l'indemnité devient obligatoire, à un montant fixé par la Région.
Aucun guide français ne le dit clairement, et c'est pourtant la première question à trancher. Les deux statuts portent le même nom dans le langage courant mais relèvent de régimes juridiques séparés : les lignes directrices nationales et les règlements régionaux sur les stages ne s'appliquent qu'aux extracurriculari.
| Curriculare | Extracurriculare | |
|---|---|---|
| Pour qui | Étudiant en cours de cursus | Diplômé, demandeur d'emploi |
| Objectif | Valider des crédits, obtenir le diplôme | Insertion professionnelle |
| Indemnité | Non obligatoire | Obligatoire, barème régional |
| Durée | Fixée par l'établissement | 2 à 12 mois (24 si handicap) |
| Qui encadre | La convention école / entreprise | La Région du lieu de travail |
Conséquence directe pour un étudiant français : votre stage Erasmus est un tirocinio curriculare, donc l'entreprise italienne peut légalement ne rien verser. La bourse Erasmus+ est là pour ça. À l'inverse, un extracurriculare non rémunéré est irrégulier : si une entreprise vous le propose après votre diplôme sans indemnité, elle est hors la loi, et c'est un signal sur le reste.
La convention de stage et la rémunération
Un stage italien ne se conclut jamais entre deux parties. Il en faut trois : vous, le soggetto ospitante (l'entreprise d'accueil) et l'ente promotore (votre école, une université, un centre pour l'emploi ou une agence agréée). Sans organisme promoteur, pas de stage : c'est la première chose à sécuriser, et souvent la seule qui bloque.
Ce que contient le progetto formativo
La convention s'accompagne d'un projet de formation individuel, le progetto formativo individuale (PFI), qui n'est pas une formalité : c'est lui qui fixe les objectifs, les compétences visées, les horaires, la durée, le montant de l'indemnité et le nom du tuteur d'entreprise. En cas de litige, c'est le document qu'on ressort. Vérifiez trois lignes avant de signer.
- L'horaire hebdomadaire. Il conditionne l'indemnité dans plusieurs Régions, où le minimum n'est dû qu'à partir d'un certain volume d'heures.
- La couverture INAIL contre les accidents du travail et la responsabilité civile envers les tiers, toutes deux obligatoires. Elles incombent normalement à l'organisme promoteur.
- Le montant de l'indemnité et ses conditions de versement, y compris le taux de présence exigé.
Combien on touche vraiment, région par région
C'est la particularité italienne la plus mal connue : il n'existe pas de montant national. Chaque Région fixe son propre minimum pour les tirocini extracurriculari, et le plancher légal en dessous duquel aucune ne peut descendre est de 300 € par mois. Le montant qui s'applique est celui de la Région où se trouve votre lieu de travail, pas celui du siège de l'entreprise.
| Région | Minimum mensuel | Condition principale |
|---|---|---|
| Latium (Rome) | 800 € | 70 % des heures prévues |
| Piémont, Sardaigne, Basilicate, Val d'Aoste | 600 € | Jusqu'à 40 h par semaine |
| Lombardie (Milan) | 500 € | 80 % des heures, 400 € si tickets restaurant |
| Toscane, Ligurie, Campanie, Abruzzes | 500 € | Variable selon le règlement régional |
| Vénétie, Ombrie | 450 € | 70 % de l'horaire hebdomadaire |
| Marches | 400 € | Porté à 500 € au-delà de 30 h par semaine |
Barèmes relevés en août 2026. Chaque Région révise le sien, souvent à la hausse : vérifiez le règlement en vigueur sur le portail de la Région concernée avant de signer.
Ces montants sont des bruts. L'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu italien, l'IRPEF, et à ses majorations régionales et communales, mais elle est exonérée de cotisations sociales : l'écart entre le brut et le net reste donc modeste, sans rapport avec la ponction sur un salaire français. Pour situer ces chiffres, le point de comparaison utile n'est pas le SMIC français mais le salaire moyen en Italie, qui reste nettement en dessous du niveau français.
Démarches, logement et santé avant de partir
Le codice fiscale, à faire en premier
Sans codice fiscale, personne ne peut vous verser une indemnité, puisque le paiement passe par une retenue fiscale qui exige un numéro. Il vous sera aussi demandé pour signer un bail et ouvrir un compte. C'est gratuit, ça s'obtient en une visite, et vous pouvez lancer la démarche avant même votre départ auprès du consulat italien : voyez notre guide pour obtenir son codice fiscale.
Visa, résidence et durée du séjour
Français et citoyens de l'Union européenne partent avec une carte d'identité, sans visa ni autorisation de travail. Au-delà de trois mois sur place, la seule obligation est l'inscription au registre de la population de votre commune, l'anagrafe. Pour un stage de quatre à six mois, beaucoup de stagiaires ne la font pas ; elle devient utile dès que vous voulez un médecin traitant ou un vrai contrat de location. Un ressortissant hors UE relève d'un tout autre parcours, détaillé dans notre guide du permis de séjour en Italie.
Se loger pour quelques mois
La difficulté d'un stage, c'est la durée : trop long pour l'hôtel, trop court pour un bail classique. La solution locale s'appelle le posto letto, un lit dans une chambre partagée, ou la stanza singola, une chambre à soi en colocation. Comptez 350 à 550 € par mois pour une chambre à Milan, un peu moins à Rome, nettement moins à Bologne ou Turin. Cherchez sur Idealista, Subito.it, Spotahome et les groupes Facebook d'étudiants de la ville. Si votre stage passe par une université italienne, demandez l'accès aux résidences universitaires : c'est la piste la moins chère, et elle est souvent ignorée. Le marché de Milan est de loin le plus tendu du pays : ne visez pas une arrivée en septembre sans avoir cherché dès juillet.
La couverture santé pendant le stage
La carte européenne d'assurance maladie est gratuite et vous donne accès aux soins publics italiens dans les mêmes conditions qu'un résident. Elle ne couvre en revanche ni le rapatriement, ni le secteur privé, ni la responsabilité civile pour les dommages que vous causeriez pendant votre stage. Or c'est précisément l'attestation de responsabilité civile et d'assistance que beaucoup d'écoles et d'entreprises d'accueil réclament comme pièce du dossier de convention. Demandez la liste exacte des justificatifs dès le premier échange, avant de payer quoi que ce soit.
Attestation RC et assistance pour le dossier de conventionChapka Cap Student, formule étudiants et stagiaires à l'étranger. Attestation éditée en ligne.Voir les garanties →Stage en Italie sans parler italien : ce qui est réaliste
C'est possible, mais le terrain de jeu se rétrécit à quatre niches. Les multinationales de Milan et leurs sièges régionaux, où l'anglais est la langue de travail. Les équipes tech, mêmes causes, mêmes effets. Le tourisme international, où le français est un atout à Venise, à Rome, sur les lacs et en Toscane. Et les services clients francophones, que plusieurs groupes italiens externalisent mal et recrutent volontiers.
Partout ailleurs, un niveau B1 est attendu à l'entretien, et vous tomberez sur des PME où personne ne parlera anglais avec vous au quotidien. À niveau égal, un candidat en A2 qui prend des cours et se lance en italien dès le premier mail passe mieux qu'un anglophone parfait qui n'a rien préparé. Trois mois de pratique avant le départ changent la nature des offres auxquelles vous pouvez répondre. Le même obstacle vous attend ensuite si vous cherchez un poste, comme le détaille notre guide pour travailler en Italie.
Questions fréquentes sur le stage en Italie
Comment trouver un stage en Italie ?
Trois voies, dans cet ordre d'efficacité. Erasmus+ si vous êtes encore étudiant : votre établissement gère la convention et vous verse une bourse, c'est de loin le chemin le plus court. Les plateformes italiennes ensuite, en cherchant le mot tirocinio et non stage : Cliclavoro, le portail public du ministère du Travail, InfoJobs.it, LinkedIn et le site spécialisé Repubblica degli Stagisti. La candidature spontanée enfin, avec un CV en italien envoyé aux PME de votre secteur, qui publient peu mais recrutent au coup de cœur.
Les stages sont-ils rémunérés en Italie ?
Cela dépend entièrement du type de stage. Un tirocinio extracurriculare, hors cursus scolaire, doit obligatoirement verser une indemnité : le montant minimum est fixé par la Région où vous travaillez, de 300 € par mois au plancher national jusqu'à 800 € dans le Latium. Un tirocinio curriculare, intégré à vos études, n'oblige l'entreprise à rien : beaucoup ne versent qu'un remboursement de transport ou des tickets restaurant, parfois rien du tout. C'est le cas de la plupart des stages Erasmus.
Quelle est la rémunération d'un stage en Italie ?
Pour un tirocinio extracurriculare, comptez 450 à 600 € par mois dans la majorité des Régions, 800 € dans le Latium, 500 € en Lombardie. Cette indemnité est un montant brut soumis à l'impôt sur le revenu italien (IRPEF), mais exonéré de cotisations sociales, ce qui limite l'écart entre le brut et le net. Pour un stage curriculaire, la vraie ressource est le plus souvent la bourse Erasmus+, autour de 620 € par mois pour l'Italie.
Comment dit-on stage en italien ?
Le mot stage existe en italien, prononcé à la française, et s'emploie dans le langage courant et les offres d'emploi. Mais le terme juridique et administratif est tirocinio, et c'est lui qui figure dans les textes de loi, les conventions et les intitulés officiels des annonces. Le stagiaire est un tirocinante, l'entreprise d'accueil le soggetto ospitante, et l'école ou l'université qui monte le dossier l'ente promotore. Chercher tirocinio plutôt que stage double le nombre d'offres qui remontent.
Faut-il un visa pour un stage en Italie ?
Pas pour un Français ni pour un ressortissant de l'Union européenne : la libre circulation vous autorise à faire un stage en Italie sans visa ni autorisation de travail, quelle que soit sa durée. Au-delà de trois mois sur place, la seule formalité est l'inscription au registre de la population de votre commune. Un ressortissant hors UE, en revanche, doit demander un visa pour motif de stage ou d'études à un consulat italien avant de partir, puis un permesso di soggiorno dans les huit jours suivant son arrivée.
Peut-on faire un stage en Italie sans parler italien ?
Oui, mais le choix se réduit beaucoup. Les multinationales de Milan, les équipes tech, le tourisme et les services clients francophones recrutent en anglais ou en français. Partout ailleurs, et surtout dans les PME qui font le gros du marché du travail italien, un niveau B1 est attendu dès l'entretien. Un niveau A2 à l'arrivée avec la volonté visible de progresser passe souvent mieux qu'un anglais parfait sans un mot d'italien.
