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Sicile

Palerme

Une capitale arabo-normande classée à l'UNESCO, trois marchés qui crient encore, la meilleure cuisine de rue d'Italie et une réputation qui a trente ans de retard.

Sicile
Région
PMO
Aéroport
2 à 3 jours
Durée conseillée
Chapelle Palatine & Monreale
Incontournables

Palerme se visite en deux jours pleins, entre mosaïques arabo-normandes classées à l'UNESCO et la meilleure cuisine de rue d'Italie. La ville traîne une réputation qui ne correspond plus à grand-chose : elle se classe 24e sur les 106 provinces italiennes à l'indice de criminalité, loin derrière Milan, Florence et Rome. Voici ce qu'on y fait, et ce qu'il faut savoir avant de partir.

Que faire à Palerme : les 12 incontournables

Tout ce qui compte tient dans le centre historique, un rectangle d'environ deux kilomètres sur un, découpé en quatre par les Quattro Canti. Voici les douze arrêts qui justifient le voyage, dans un ordre qui se marche.

  • La chapelle Palatine, au premier étage du Palais des Normands. Des mosaïques à fond d'or sous un plafond de bois sculpté par des artisans musulmans, commandé par un roi normand, avec des inscriptions en arabe, en grec et en latin. C'est le monument le plus important de la ville, et l'un des trois ou quatre intérieurs les plus stupéfiants d'Italie.
  • La cathédrale et son empilement de styles : absides arabo-normandes, portique gothique catalan, coupole néoclassique. Sur une colonne du portique sud, un verset du Coran est resté gravé dans la pierre, souvenir de la mosquée qui occupait les lieux.
  • Les Quattro Canti, le carrefour baroque où se croisent le Cassaro et la via Maqueda. Quatre façades concaves identiques, quatre saisons, quatre rois, quatre saintes patronnes. On y passe dix fois par jour sans jamais lever la tête au bon moment.
  • La Martorana, sur la piazza Bellini, où des mosaïques byzantines du douzième siècle cohabitent avec un décor baroque ajouté cinq cents ans plus tard. 2 €, et la messe s'y dit toujours en rite byzantin.
  • San Cataldo, juste à côté : trois coupoles rouges posées sur un cube de pierre nue, sans décor ni mobilier. L'exact contraire de sa voisine, pour 2,50 €.
  • Le marché de Ballarò, le plus grand et le plus vivant des trois marchés historiques. On y va le matin pour les étals, en fin d'après-midi pour l'ambiance.
  • Les catacombes des Capucins et leurs milliers de corps habillés, alignés debout le long des couloirs, du seizième siècle à 1920. 5 €. C'est une visite éprouvante, et personne ne la regrette.
  • Le Teatro Massimo, plus grand opéra d'Italie et troisième d'Europe. La visite guidée dure une demi-heure et coûte 17 à 19 € selon la saison. C'est sur ses marches que se joue la scène finale du Parrain III.
  • San Giovanni degli Eremiti et ses cinq coupoles rouges dans un cloître planté d'agrumes, à deux pas du Palais des Normands. Comptez 6 €.
  • Le palais de la Zisa, résidence d'été des rois normands bâtie par des maîtres d'œuvre arabes, avec sa salle à fontaine et son rafraîchissement par circulation d'eau. Il abrite le musée d'art islamique, autour de 6 €.
  • Les oratoires de Santa Cita et de San Lorenzo, deux boîtes à stucs de Giacomo Serpotta où le plâtre imite la dentelle et la chair. Peu fréquentés, et parmi les plus belles choses de la ville.
  • Monreale, à huit kilomètres, et ses 6 340 mètres carrés de mosaïques byzantines. Techniquement hors de Palerme, dans les faits indissociable du séjour.

La moitié de cette liste est gratuite ou coûte moins de trois euros. Palerme reste l'une des grandes villes d'art les moins chères d'Europe, et ça se vérifie dès le premier jour.

L'itinéraire arabo-normand classé à l'UNESCO

C'est la raison de fond de venir, et c'est ce que les guides expédient en deux lignes. En juillet 2015, l'UNESCO a inscrit un ensemble de neuf monuments répartis entre Palerme, Monreale et Cefalù sous le nom de Palerme arabo-normande. Les neuf sont l'œuvre d'une même dynastie en un siècle et demi, et cette dynastie n'a pas d'équivalent en Europe.

Quand les Normands prennent la Sicile aux Arabes à la fin du onzième siècle, ils ne chassent personne. Roger II se fait couronner roi en 1130 et gouverne une cour où l'on parle arabe, grec et latin, où les fonctionnaires sont musulmans, les artistes byzantins et les commanditaires scandinaves. Les bâtiments qui en sortent n'existent nulle part ailleurs : arcs brisés islamiques, coupoles rouges, mosaïques à fond d'or, plafonds à muqarnas. Un siècle et demi plus tard, cette cour avait disparu.

MonumentTarifÀ savoir
Palais des Normands et chapelle PalatineAutour de 19 € le billet completLes appartements royaux ferment les jours de session du parlement sicilien, souvent en milieu de semaine. Le billet baisse alors de prix
Cathédrale de PalermeNef gratuite, aire monumentale de 7 à 15 €Le billet des toits donne la meilleure vue rapprochée sur la ville
La Martorana2 €Fermée pendant les offices, fréquents le dimanche matin
San Cataldo2,50 €Tarif réduit avec le billet de la Martorana
San Giovanni degli EremitiEnviron 6 €Fermeture à 13 h 30 le dimanche et les jours fériés
Palais de la ZisaEnviron 6 €À 25 minutes à pied du centre, ou en bus. Fermé le lundi
Cathédrale de MonrealeNef seule, cloître 6 €, billet intégré 12 €Le billet intégré ajoute les terrasses, la chapelle Roano et le musée diocésain
Cathédrale de CefalùQuelques eurosÀ 45 minutes de train, se combine avec la plage
Pont de l'AmiralGratuitUn pont du douzième siècle échoué au milieu d'un rond-point, la rivière ayant été détournée

Le piège classique : arriver au Palais des Normands un mardi matin en espérant voir les appartements royaux. Ils ferment au public les jours où l'Assemblée régionale siège, c'est-à-dire souvent en milieu de semaine. La chapelle Palatine, elle, reste accessible, et c'est de toute façon pour elle qu'on vient. Arrivez à l'ouverture : à partir de dix heures, la file se compte en dizaines de minutes et la chapelle, qui est petite, devient inconfortable.

Christ Pantocrator en mosaïque byzantine à fond d'or dans l'abside de la cathédrale de Monreale, près de Palerme
Le Christ Pantocrator de Monreale, au centre des 6 340 mètres carrés de mosaïques byzantines de la cathédrale.

Ballarò, Capo, Vucciria : les marchés de Palerme

Trois marchés historiques, trois fonctions différentes, et une règle simple : y aller au bon moment change tout.

Ballarò est le plus grand, le plus ancien et le seul qui vit encore essentiellement pour ses habitants. Il descend de la piazza Casa Professa vers Porta Sant'Agata, dans le quartier de l'Albergheria, sur près d'un kilomètre de ruelles. Les vendeurs lancent leur marchandise à la abbanniata, une psalmodie moitié arabe moitié sicilienne qui n'a jamais disparu. Le bon créneau va de 8 h à 13 h ; l'après-midi, tout se replie.

Le Capo, autour de la via Porta Carini et de la via Sant'Agostino, est plus étroit, plus couvert de bâches, et davantage tourné vers la nourriture prête à manger. C'est celui où l'on mange le mieux debout, et celui qu'il faut choisir si vous n'en faites qu'un le matin. Il touche le Teatro Massimo, ce qui permet d'enchaîner.

La Vucciria est un cas à part. C'était le marché le plus célèbre de la ville, celui que Renato Guttuso a peint en 1974, et il est aujourd'hui presque vide en journée : quelques poissonniers, beaucoup de rideaux baissés. Il renaît le soir, quand la piazza Caracciolo se remplit d'étudiants, que les grils à stigghiola se rallument et qu'on boit debout jusqu'à deux heures du matin. Y passer à 11 h et repartir déçu est l'erreur la plus courante des visiteurs.

Ces marchés sont aussi les endroits où l'on se fait le plus facilement voler un téléphone, par distraction plutôt que par violence. Sac devant soi, rien dans les poches arrière, et le problème disparaît. Une visite guidée des marchés et des monuments de trois heures se réserve autour de 39 € et règle la question du contexte, qui est justement ce qui manque quand on traverse Ballarò sans rien comprendre.

Street food à Palerme : ce qu'on commande vraiment

Ici, manger dans la rue est le mode normal du déjeuner, pas une curiosité pour visiteurs. Elle vient des abats et des morceaux dont personne ne voulait, ce qui explique pourquoi la moitié de la carte déconcerte les visiteurs.

PlatCe que c'estPrix courant
ArancinaBoule de riz safrané panée et frite, farcie au ragù ou au jambon-fromage. Féminin à Palerme, masculin à Catane, et le débat est pris au sérieux2 à 3 €
Pane con la milzaLe plat totem : rate et poumon de veau bouillis puis saisis dans le saindoux, servis dans un pain au sésame. Schietta sans fromage, maritata avec ricotta et caciocavallo3 à 5 €
Panelle e crocchèGalettes de farine de pois chiches et croquettes de pomme de terre, mangées ensemble dans un pain2 à 3 €
SfincionePâte épaisse et moelleuse, oignons, anchois, chapelure. Rien à voir avec une pizza, et ça se vend à la part sur les étals1,50 à 2,50 €
StigghiolaBoyaux d'agneau enroulés autour d'un oignon vert et grillés au charbon. Se mange le soir, à l'odeur de la fumée3 à 5 €
CannoloTube de pâte frite garni de ricotta de brebis. La règle absolue : il se remplit devant vous, jamais à l'avance2,50 à 4 €
Granita e briocheLe petit déjeuner de l'été, amande, mûre ou café, avec une brioche col tuppo à tremper dedans3 à 5 €

Où manger, concrètement : les étals du Capo et de Ballarò le midi, les friggitorie historiques autour de la piazza Marina et de la via Vittorio Emanuele, et la Vucciria le soir pour les grils. Une règle de tri qui ne trompe presque jamais : si les clients debout sont des ouvriers et des lycéens et que la file avance vite, c'est bon. Si la carte est traduite en quatre langues avec des photos, passez votre chemin.

Deux précisions qui évitent des malentendus. Le coperto n'existe pas sur un étal de rue, mais il apparaît dès que vous vous asseyez, comme partout dans le pays : nos codes du restaurant en Italie détaillent ce qui se paie et ce qui ne se paie pas. Et le petit déjeuner d'été local, c'est la granita avec sa brioche, pas un croissant.

Pour la version guidée, une visite culinaire à pied de 2 h 30 avec dégustations tourne autour de 44 € et remplace un repas. Pour situer Palerme dans le reste de l'île, notre guide des spécialités siciliennes fait le tour des plats zone par zone.

Arancina sicilienne ouverte en deux dans une barquette, la boule de riz safrané frite emblématique de Palerme
L'arancina palermitaine, ronde et féminine : à Catane, elle devient conique et masculine.

Monreale et les environs de Palerme

Si vous ne faites qu'une excursion, faites Monreale. La cathédrale bâtie par Guillaume II à partir de 1174 contient 6 340 mètres carrés de mosaïques byzantines, la plus grande surface conservée après Sainte-Sophie. Le Christ Pantocrator de l'abside mesure à lui seul une vingtaine de mètres. La nef est en accès libre, le cloître bénédictin et ses 228 colonnettes jumelées coûtent 6 €, et le billet intégré à 12 € ajoute les terrasses, d'où l'on voit la vallée de l'Oreto et Palerme au loin.

Pour y aller sans voiture : le bus 389 part de la piazza Indipendenza, derrière le Palais des Normands, et monte en une trentaine de minutes pour le prix d'un ticket urbain, autour de 1,40 €. C'est simple, et presque aucun guide ne le mentionne.

DestinationTrajet depuis PalermePrixPour quoi faire
MonrealeBus 389, environ 30 min≈ 1,40 €Les mosaïques et le cloître, une demi-journée
MondelloBus 806, environ 30 min≈ 1,40 €La plage de la ville, sable blanc et eau turquoise, villas Liberty
CefalùTrain régional, environ 45 min≈ 7 €Cathédrale normande, vieille ville et plage, la journée complète
Ségeste et EriceVoiture ou excursion, 1 h 15Excursion ≈ 70 €Temple dorique isolé et village médiéval perché à 750 m
Réserve du ZingaroVoiture, environ 1 h 30Entrée ≈ 5 €Sept kilomètres de sentier côtier et des criques sans route

Mondello mérite une précision. C'est une vraie plage de sable blanc à une demi-heure de bus du centre, avec un fond qui descend très doucement, entre deux caps calcaires. En juillet et en août, c'est aussi la plage de tous les Palermitains : venez tôt, ou venez en juin et en septembre. La partie libre est à l'ouest, les lidi payants occupent le centre de la baie.

Une demi-journée Monreale et Cefalù se réserve autour de 60 € si vous voulez enchaîner les deux sans logistique. Et si Palerme n'est qu'une étape d'un tour de l'île, notre guide de la Sicile en 7, 10 ou 15 jours replace la ville dans un itinéraire complet.

Palerme est-elle dangereuse ?

C'est la question que tout le monde pose, et la réponse honnête tient dans un chiffre. Dans l'indice de criminalité du Sole 24 Ore, qui classe chaque année les 106 provinces italiennes selon les plaintes déposées pour 100 000 habitants, Palerme arrive 24e, avec environ 3 936 délits pour 100 000 habitants. Devant elle : Milan avec 6 952, Florence avec un peu plus de 6 500, Rome avec 6 400. Palerme est statistiquement plus sûre que Milan, Florence, Rome, Bologne ou Turin.

Ce que le classement ajoute, en revanche, c'est que la province reste dans les toutes premières d'Italie pour les vols de voiture. Le risque à Palerme est un risque de petite délinquance de rue et d'atteinte aux véhicules, pas d'agression. La Cosa Nostra existe toujours, mais elle n'a aucun rapport avec un voyageur, et l'idée qu'un touriste puisse s'y trouver mêlé relève du cinéma.

Les quartiers où l'on ne va pas sont tous en périphérie, loin de ce que vous avez prévu de visiter : le ZEN (Zona Espansione Nord), Brancaccio, Falsomiele et Villagrazia. Ce sont des quartiers d'habitat social pauvres, sans intérêt touristique, et aucun itinéraire normal ne passe à proximité.

Les zones à nuancer se trouvent en plein centre. Ballarò et la Vucciria se traversent sans problème en journée et vivent très bien le soir, mais les ruelles adjacentes, une fois les étals rangés et les lumières éteintes, deviennent désertes et mal éclairées. Restez sur les axes fréquentés et rentrez par la via Maqueda plutôt que par un raccourci.

Les cinq réflexes qui suffisent :

  • Sac en bandoulière devant soi dans les marchés, rien dans les poches arrière. Les vols à l'arraché en scooter existent sur les grands axes.
  • Ne rien laisser dans une voiture, jamais, pas même une veste dans le coffre. C'est le premier motif de plainte de la ville.
  • Parking surveillé pour la nuit, autour de 15 à 20 € les 24 heures. Le stationnement libre en centre-ville, la nuit, est une mauvaise idée.
  • Refuser les « aides » au stationnement des parcheggiatori abusivi, qui réclament quelques euros sur la voie publique. Un refus poli et ferme suffit.
  • Compter son rendu sur les étals, et regarder le prix affiché au poids avant de commander du poisson.

Si le sujet vous intéresse au-delà du fait divers, une visite à pied consacrée à la lutte antimafia, autour de 34 €, raconte Falcone, Borsellino et le mouvement Addiopizzo par les lieux. C'est l'activité la mieux notée de la ville, avec plus de 3 000 avis, et elle en apprend plus sur Palerme qu'une église de plus.

Palerme en 1, 2 ou 3 jours

Une journée, si Palerme est une escale de croisière ou une étape entre deux vols. Chapelle Palatine dès l'ouverture, San Giovanni degli Eremiti à côté, puis la descente du Cassaro : cathédrale, Quattro Canti, Martorana et San Cataldo. Déjeuner debout au Capo, Teatro Massimo l'après-midi, fin de journée à la Vucciria. Vous laissez de côté Monreale et les catacombes, mais vous avez vu l'essentiel du centre.

Deux jours, le format juste pour la ville seule.

  • Jour 1, l'axe arabo-normand. Matin : Palais des Normands et chapelle Palatine à l'ouverture, San Giovanni degli Eremiti, puis Ballarò pour le marché et le déjeuner. Après-midi : cathédrale et ses toits, Quattro Canti, piazza Pretoria, Martorana et San Cataldo. Soir : apéritif et stigghiola à la Vucciria.
  • Jour 2, la ville baroque et populaire. Matin : marché du Capo, Teatro Massimo, oratoires de Serpotta. Midi : street food via Vittorio Emanuele. Après-midi : catacombes des Capucins, puis le palais de la Zisa. Soir : via Chiavettieri ou piazza Marina.

Trois jours : gardez le troisième pour Monreale le matin, en bus 389, et Mondello l'après-midi si la saison s'y prête. C'est le format qui donne le meilleur équilibre entre la ville et ce qui l'entoure.

Quatre jours ou une semaine : ajoutez Cefalù à la journée, puis Ségeste et Erice, et vous basculez dans un tour de la Sicile occidentale plutôt que dans un séjour urbain. C'est le moment de caler l'ensemble avec notre itinéraire en Italie.

Où dormir à Palerme

Trois zones, et une question unique : voulez-vous rentrer à pied le soir ?

  • Le Cassaro et la Kalsa, autour de la via Vittorio Emanuele et de la piazza Marina. Tout se fait à pied, y compris le retour de dîner. La Kalsa, ancien quartier arabe longtemps délaissé, s'est transformée en dix ans et offre aujourd'hui les meilleurs rapports qualité-prix du centre.
  • Le quartier du Teatro Massimo et la via Maqueda, plus bourgeois, mieux éclairé, avec les commerces et les transports. Le choix de la tranquillité, à cinq minutes de tout.
  • Politeama et la ville du dix-neuvième, au nord. Rues larges, immeubles Liberty, hôtels plus classiques et souvent moins chers à confort égal. Comptez quinze minutes de marche jusqu'aux Quattro Canti.

Les zones à éviter pour dormir sont celles qui entourent la gare centrale au sud-est, et l'intérieur même de Ballarò : moins pour le danger réel que pour le bruit, la saleté des ruelles au petit matin et l'absence de vie une fois les étals rangés. Deux dates à surveiller : le Festino di Santa Rosalia, du 10 au 15 juillet, remplit la ville entière, et la semaine de Pâques fait grimper les tarifs.

Arriver à Palerme et se déplacer

En avion, l'aéroport Falcone-Borsellino (PMO), à Punta Raisi, est à 35 kilomètres à l'ouest. Deux options sérieuses, et un piège.

  • La navette Prestia e Comandè relie l'aéroport à la gare centrale en cinquante minutes environ, toutes les demi-heures, pour 6 € l'aller acheté en ligne et un peu plus à bord. Elle dessert le Politeama en chemin, ce qui arrange la moitié des hôtels.
  • Le train Trinacria Express descend jusqu'à Palermo Centrale en 45 minutes à 1 heure pour un tarif comparable. Il s'arrête à Palazzo Reale-Orleans et à Notarbartolo, pratique selon votre quartier.
  • Le taxi tourne autour de 45 à 55 € pour le centre. Convenez du prix avant de monter.

Le piège, c'est de louer une voiture à l'aéroport pour visiter Palerme. Le centre est en ZTL, surveillé par caméras, l'amende arrive plusieurs mois plus tard majorée des frais du loueur, et le stationnement est un sport. Prenez la voiture le jour où vous quittez la ville, pas avant. Le choix entre Palerme et Catane dépend de la moitié de l'île que vous visez : pour l'est, l'Etna et Taormine, c'est Catane qu'il faut viser.

Sur place, le centre historique se traverse en trente minutes à pied de bout en bout, et c'est comme ça qu'il se visite. Le réseau AMAT couvre le reste, avec un ticket à environ 1,40 € valable 90 minutes et un pass à la journée autour de 3,50 €. Le tramway ne dessert pas le centre historique, il relie les quartiers périphériques : ne comptez pas dessus. Le train urbain, lui, sert pour l'aéroport et pour Cefalù. Nos conseils de réservation sont dans le guide des trains en Italie.

Combien coûte un week-end à Palerme

Deux jours et une nuit, par personne, hors transport jusqu'en Sicile, en saison moyenne.

PostePetit budgetConfortable
Nuit d'hôtel (par personne, chambre double)30 à 50 €70 à 120 €
Repas15 à 25 €50 à 80 €
Visites et entrées10 à 20 €35 à 55 €
Transports locaux4 à 8 €15 à 25 €
Total sur deux jours60 à 100 €170 à 280 €

Palerme est nettement moins chère que Florence, Venise ou Rome, et l'écart se creuse surtout sur la nourriture : on déjeune très bien pour cinq euros, ce qui n'existe plus dans le nord du pays. Une bonne partie du programme ne coûte d'ailleurs rien : les trois marchés, les Quattro Canti, la piazza Pretoria, la nef de la cathédrale, celle de Monreale, le front de mer du Foro Italico et la plage de Mondello sont gratuits.

Un mot sur les pass. Les formules combinées vendues en ville ne deviennent intéressantes qu'à partir de trois ou quatre entrées payantes dans la même journée, ce qui n'est pas le rythme naturel à Palerme, où beaucoup de sites coûtent deux euros. Achetez à l'unité, sauf si vous enchaînez Palais des Normands, cathédrale et Monreale le même jour.

Quand venir à Palerme

Le climat est méditerranéen franc, adouci par la mer, avec des hivers qui n'en sont pas vraiment.

  • Avril à juin : la meilleure fenêtre. Entre 18 et 28 °C, agrumes en fleur, sites vides et mer baignable dès la mi-mai. La semaine sainte est très suivie à Palerme, avec des processions dans le centre.
  • Juillet et août : 32 à 38 °C, avec des pointes quand souffle le sirocco. Les visites se font tôt le matin ou en fin de journée, et le Festino di Santa Rosalia, du 10 au 15 juillet, transforme la ville en fête géante autour du char de la sainte. C'est spectaculaire, et il faut réserver des mois à l'avance.
  • Septembre et octobre : l'autre bonne saison. La mer reste chaude jusqu'à fin octobre, les prix redescendent et la lumière est la meilleure de l'année.
  • Novembre à mars : autour de 15 °C en journée, quelques épisodes de pluie, et une ville rendue à ses habitants. Les marchés sont à leur meilleur, les hôtels à leur prix plancher, et l'on visite la chapelle Palatine sans file. La mer, elle, est hors sujet.

Pour caler Palerme dans un voyage plus large, voyez quand partir en Italie région par région.

Les pièges à éviter

  • Arriver au Palais des Normands en milieu de semaine sans vérifier. Les appartements royaux ferment les jours de session du parlement sicilien. La chapelle Palatine reste ouverte, mais le billet et le parcours changent.
  • Juger la Vucciria à 11 h du matin. Elle est morte en journée et vivante le soir. Le marché du matin, c'est Ballarò ou le Capo.
  • Louer une voiture dès l'arrivée. ZTL, caméras, stationnement impossible et vols dans les véhicules. Prenez-la le jour du départ vers le reste de l'île.
  • Renoncer à Monreale faute de voiture. Le bus 389 part de la piazza Indipendenza et coûte le prix d'un ticket urbain.
  • Manger un cannolo prérempli. La coque ramollit en quelques minutes. S'il n'est pas garni devant vous, il n'est pas bon.
  • Croire la réputation plutôt que les chiffres. Palerme se classe 24e sur 106 provinces italiennes à l'indice de criminalité, derrière Milan, Florence et Rome. La vraie précaution, c'est le sac devant soi dans les marchés.
  • Tout vouloir en une journée. Le centre est dense, chaud et bruyant : deux jours pleins, trois avec Monreale, et vous repartez avec la ville plutôt qu'avec une liste.

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Questions fréquentes sur Palerme

Est-ce que ça vaut le coup de visiter Palerme ?

Oui, pour deux à trois jours. Palerme réunit un ensemble arabo-normand classé à l'UNESCO qui n'a aucun équivalent en Europe, trois marchés historiques encore vivants et la cuisine de rue la plus inventive d'Italie, le tout dans une ville qui reste bien moins chère que Florence ou Venise. Ce qu'elle n'a pas, c'est le vernis d'une ville-musée : le centre est dense, bruyant et parfois délabré. Si vous cherchez une carte postale lisse, allez à Taormine. Si vous cherchez une ville qui vit, Palerme est le meilleur choix de Sicile.

Que faire absolument à Palerme ?

Trois choses ne se négocient pas : la chapelle Palatine au Palais des Normands, les mosaïques de Monreale à huit kilomètres, et un déjeuner debout dans le marché du Capo ou de Ballarò. Ensuite viennent la cathédrale et ses toits, les Quattro Canti, la Martorana et San Cataldo sur la piazza Bellini, les catacombes des Capucins et le Teatro Massimo. Le soir, la Vucciria pour les grils à stigghiola. Presque tout se fait à pied, et la moitié coûte moins de trois euros.

Quel coin éviter à Palerme ?

Les quartiers à éviter sont tous en périphérie et aucun itinéraire touristique n'y passe : le ZEN au nord, Brancaccio à l'est, Falsomiele et Villagrazia au sud. Dans le centre, il n'y a pas de zone interdite, mais deux nuances : les ruelles autour de Ballarò et de la Vucciria deviennent désertes et mal éclairées une fois les étals rangés, et les abords de la gare centrale sont désagréables la nuit. Restez sur les axes fréquentés après le dîner et le problème n'existe pas.

Palerme est-elle dangereuse pour les touristes ?

Moins que la plupart des grandes villes italiennes. Dans l'indice de criminalité annuel du Sole 24 Ore, qui classe les 106 provinces d'Italie sur les plaintes déposées pour 100 000 habitants, Palerme arrive 24e avec environ 3 936 délits, contre 6 952 à Milan, plus de 6 500 à Florence et 6 400 à Rome. Le risque réel est la petite délinquance : pickpockets dans les marchés et vols dans les voitures, domaine où la province reste mal classée. Sac devant soi, rien de visible dans un véhicule, parking surveillé la nuit, et vous avez couvert l'essentiel. La mafia n'a aucun rapport avec un voyageur.

Combien de jours faut-il pour visiter Palerme ?

Deux jours pleins pour la ville, trois si vous voulez Monreale et Mondello. Une seule journée permet de voir la chapelle Palatine, la cathédrale, les Quattro Canti et un marché, mais vous sauterez les catacombes, la Zisa et surtout Monreale, qui est la meilleure demi-journée de la région. Au-delà de quatre jours, ajoutez Cefalù puis Ségeste et Erice : vous basculez alors dans un tour de la Sicile occidentale.

Quelle est la meilleure période pour aller à Palerme ?

D'avril à juin, puis en septembre et octobre. Les températures tiennent entre 18 et 28 degrés, la mer est baignable de mi-mai à fin octobre et les sites restent accessibles sans file. Juillet et août montent à 38 degrés avec le sirocco, ce qui oblige à visiter tôt le matin, mais offrent le Festino di Santa Rosalia du 10 au 15 juillet. L'hiver reste doux, autour de 15 degrés, avec des hôtels au prix plancher et une chapelle Palatine sans attente.

Quel est l'endroit paradisiaque à Palerme ?

Mondello, la plage de la ville, à une demi-heure de bus du centre par la ligne 806 : du sable blanc, une eau turquoise très peu profonde et des villas Liberty sur pilotis, entre les caps Gallo et Zafferano. Venez tôt en juillet et août, quand tout Palerme s'y retrouve, ou préférez juin et septembre. Pour quelque chose de plus sauvage, la réserve du Zingaro, à environ une heure trente de route vers l'ouest, aligne sept kilomètres de sentier côtier et des criques accessibles seulement à pied.

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