Grotte bleue, Faraglioni, Anacapri : Capri se visite en une journée, mais l'île ne se révèle qu'une fois les derniers ferrys repartis. Reste à trancher la question qui commande tout le reste de votre séjour : vous repartez le soir, ou vous dormez sur place ?
Que voir à Capri : les incontournables de l'île
Capri fait dix kilomètres carrés et se traverse à pied en une matinée. Voici ce qui mérite vraiment le détour, dans l'ordre où on les enchaîne depuis le port.
- Les Faraglioni : les trois rochers qui font la carte postale. Le Faraglione di Mezzo est percé d'une arche sous laquelle passent les barques, et le troisième abrite le fameux lézard bleu, une sous-espèce qui ne vit nulle part ailleurs. Vue gratuite depuis Punta Tragara, à quinze minutes de marche de la Piazzetta.
- La Piazzetta (Piazza Umberto I) : quatre terrasses de café, une tour de l'horloge et tout le trafic de l'île qui passe par là. Un espresso au comptoir coûte quelques euros, assis en terrasse il grimpe à 8 à 12 €. Le prix du décor, à payer une fois.
- Les jardins d'Auguste : environ 2 € l'entrée pour la plus belle vue de l'île, sur les Faraglioni d'un côté et Marina Piccola de l'autre. En contrebas serpente la Via Krupp, ce ruban de lacets taillé dans la falaise, régulièrement fermé pour risque d'éboulement. Vérifiez sur place : quand elle est ouverte, elle se descend en dix minutes.
- La Villa Jovis : la résidence de Tibère, à la pointe est de l'île. Comptez 45 minutes de montée depuis la Piazzetta et quelques euros d'entrée. Peu de monde y va, et c'est précisément l'intérêt : c'est le seul site majeur de Capri où l'on est tranquille en août.
- L'Arco Naturale et la Via Pizzolungo : une arche calcaire naturelle, puis un sentier en balcon qui redescend le long de la côte est en passant sous les Faraglioni. Deux heures aller-retour, gratuit, beaucoup de marches. La plus belle chose gratuite de l'île.
- Marina Piccola : les plages de galets côté sud, dont la Marina Piccola et le Bagno di Tiberio. Établissements payants autour de 25 à 40 € la journée, avec des bouts de plage libre entre les deux.
Le tour de l'île en bateau est le moyen le plus simple de tout voir d'un coup, arche des Faraglioni comprise, et il inclut souvent l'arrêt à la grotte bleue : comparez les excursions en bateau à Capri.
La grotte bleue : horaires réels, prix et jours de fermeture
C'est le site le plus célèbre de Capri et celui qui déçoit le plus, parce que presque personne ne dit à l'avance comment ça se passe. Voilà le détail.
La visite dure cinq minutes. Pas dix, pas trente. Une barque à rames vous fait entrer par une ouverture d'un mètre de haut, dans laquelle il faut s'allonger, fait un demi-tour à l'intérieur et ressort. La lumière bleue vient d'une seconde ouverture immergée, et elle est spectaculaire, mais la séquence est courte.
Le prix se paie en deux fois et c'est la principale source de mauvaises surprises : environ 15 € pour le billet d'entrée de l'État, plus le passage en barque à rames, seule manière d'entrer. Ajoutez le transport jusqu'à l'entrée de la grotte, soit un bateau depuis Marina Grande, soit le bus depuis Anacapri puis l'escalier. En pratique, comptez 30 à 35 € au total par personne depuis le port.
Les horaires officiels vont d'environ 9 h à 17 h, dernière entrée en fin d'après-midi, mais l'horaire réel est celui de la mer. La grotte ferme dès que la houle se lève ou que la marée est trop haute, parfois du jour au lendemain, et elle reste fermée plusieurs jours d'affilée en hiver. Aucun site ne publie de calendrier fiable : on se renseigne le matin même au kiosque de Marina Grande.
La file est le vrai sujet. En juillet et en août, l'attente en barque dépasse fréquemment une heure et demie, parfois deux, sous le soleil et sans ombre. Le créneau utile se situe entre 11 h et 13 h, quand le soleil est assez haut pour que le bleu soit à son maximum, ce qui est aussi le pic d'affluence. Arriver à l'ouverture donne moins de monde mais une lumière plus terne.
Notre position : si vous êtes à Capri pour une journée, la grotte bleue coûte cher en temps et en argent pour cinq minutes. Elle vaut le coup si vous la prenez incluse dans un tour de l'île en bateau, où l'attente se fait à bord et où le reste de la côte compense largement. Si votre journée est courte, l'Arco Naturale et le mont Solaro donnent plus pour moins.
Anacapri et le mont Solaro, l'autre moitié de l'île
Capri, ce sont deux communes qui ne se ressemblent pas. Capri-ville a les boutiques, les yachts et la Piazzetta. Anacapri, 300 mètres plus haut, a des maisons blanches, des ruelles vides à 18 h et des prix qui redescendent d'un cran. Beaucoup de visiteurs n'y montent jamais, et c'est une erreur.
- Le mont Solaro : 589 mètres, le point culminant de l'île. Le télésiège part de la Piazza Vittoria à Anacapri, met une douzaine de minutes et coûte autour de 14 € l'aller-retour. On monte seul, les pieds dans le vide, au-dessus des jardins. En haut, la baie de Naples, le Vésuve, Ischia et la côte amalfitaine d'un seul regard. Le meilleur rapport vue/effort de toute la Campanie.
- La Villa San Michele : la maison du médecin suédois Axel Munthe, bâtie sur les ruines d'une villa de Tibère, avec sa pergola et son sphinx face à la mer. Autour de 12 €, une heure de visite.
- L'église San Michele : son sol entier est une fresque de majolique représentant le paradis terrestre, qu'on regarde depuis une passerelle en hauteur pour ne pas marcher dessus.
- Le phare de Punta Carena : à l'extrémité sud-ouest, un bus depuis Anacapri, des rochers plats et un coucher de soleil plein ouest. Presque personne le soir, parce que tout le monde est reparti.
Si vous ne dormez qu'une nuit sur place, dormez à Anacapri : moins cher, plus calme, et le dernier bus vous ramène quand la foule est déjà dans les ferrys.

Capri à la journée ou une nuit sur l'île ?
Tout dépend d'un rythme que l'île subit chaque jour. Capri reçoit chaque jour d'été des milliers d'excursionnistes qui débarquent entre 9 h et 11 h et repartent entre 16 h et 18 h. Entre ces deux bornes, l'île est saturée. En dehors, elle est vide.
| À la journée | Avec une nuit sur place | |
|---|---|---|
| Temps utile sur l'île | 5 à 6 h, dont 1 h de files | Deux matinées et deux soirées calmes |
| Ce qu'on voit | Piazzetta, jardins d'Auguste, un site au choix | Tout, mont Solaro et Villa Jovis compris |
| Grotte bleue | Réaliste seulement en tour en bateau | Possible tôt, avec peu d'attente |
| Budget par personne | 60 à 90 € (ferry + visites + déjeuner) | 250 à 450 € en haute saison, hébergement compris |
| Le vrai gain | On coche l'île | La Piazzetta à 21 h, quand elle redevient un village |
Notre avis. La journée suffit si Capri est une escale dans un séjour à Naples ou à Sorrente et que vous acceptez de ne pas tout voir. Choisissez alors deux choses, pas six. La nuit sur place se justifie si vous venez de loin ou hors saison : la différence entre Capri à 14 h en août et Capri à 20 h le même jour est celle d'un parc à touristes et d'une île habitée. C'est cher, et c'est le seul luxe de l'île qui se voit vraiment.
Format intermédiaire souvent oublié : partir au dernier ferry, vers 19 h ou 20 h en été. Vous gagnez deux heures de fin de journée sans payer la nuit, à condition de vérifier l'horaire du dernier départ le matin même.
Aller à Capri : ferries depuis Naples et Sorrente
Aucun pont, aucun aéroport : on arrive à Capri par la mer, à Marina Grande, et c'est tout. Deux ports de départ principaux, deux logiques différentes.
| Départ | Type | Durée | Prix indicatif (aller simple) |
|---|---|---|---|
| Naples, Molo Beverello | Hydroptère | 50 min | 25 à 30 € |
| Naples, Calata Porta di Massa | Ferry | 1 h 20 | 18 à 22 € |
| Sorrente | Hydroptère / ferry | 20 à 30 min | 20 à 25 € |
| Positano | Saisonnier, avril à octobre | 35 à 45 min | 25 à 30 € |
| Amalfi | Saisonnier, avril à octobre | 1 h à 1 h 15 | 25 à 32 € |
Depuis Naples, l'hydroptère du Molo Beverello est le choix par défaut : plus rapide, plus fréquent, et le port est à dix minutes à pied du Castel Nuovo. Le ferry de Calata Porta di Massa coûte moins cher et supporte mieux la houle, mais ajoute une demi-heure. Départs toutes les trente à soixante minutes en été.
Depuis Sorrente, c'est vingt minutes de traversée et le trajet le plus simple d'Italie : le port de Marina Piccola est en bas de la ville, relié par ascenseur et par bus. C'est le meilleur camp de base pour faire Capri à la journée sans y perdre la matinée. Le détail de la région est dans notre guide de la Campanie, et les liaisons depuis Naples se combinent facilement avec Pompéi.
Trois points de logistique qui coûtent cher quand on les découvre sur le quai. Le dernier retour part tôt, souvent avant 19 h hors saison : notez-le en arrivant, pas en fin de journée. Les billets se prennent en ligne la veille en juillet et en août, sinon la traversée de 9 h 30 est pleine. Et une taxe de débarquement de quelques euros s'ajoute au billet, incluse chez la plupart des compagnies.
Enfin, l'erreur de géographie classique : Capri ne fait pas partie de la côte amalfitaine. C'est une île, en face, qu'on rejoint en bateau. Les deux se combinent très bien dans un même séjour, mais ce sont deux destinations distinctes, avec leurs propres nuits d'hôtel.

Se déplacer sur l'île : funiculaire, bus et taxi décapotable
Première chose à savoir : vous ne pouvez pas amener votre voiture. L'accès des véhicules non résidents est interdit du printemps à l'automne, et de toute façon les rues de Capri-ville sont des ruelles piétonnes. Laissez la voiture sur le continent, dans un parking de Naples ou de Sorrente.
- Le funiculaire Marina Grande - Piazzetta : trois minutes, autour de 2,70 €, la manière la plus rapide de monter les 140 mètres depuis le port. File d'attente à l'arrivée des ferrys.
- Les bus : des minibus orange qui relient Marina Grande, Capri, Anacapri et Marina Piccola, même tarif au trajet. Ils sont minuscules, souvent pleins, et le trajet Capri - Anacapri sur la route en corniche vaut le voyage à lui seul. Asseyez-vous à droite en montant.
- Les taxis décapotables : les Fiat allongées à toit ouvrant, une institution locale. Comptez 20 à 25 € de Marina Grande à Capri, 30 à 35 € jusqu'à Anacapri. Tarif à confirmer avant de monter.
- À pied : entre la Piazzetta, les jardins d'Auguste et Punta Tragara, tout est à moins de vingt minutes. Vers Villa Jovis ou l'Arco Naturale, ce sont des escaliers. De vraies chaussures, pas des sandales de plage.
Le bagage est le point à anticiper : les ruelles sont pavées, en pente, et il y a des marches partout. Un porteur coûte quelques euros par valise depuis le funiculaire, et c'est souvent de l'argent bien dépensé.
Où dormir à Capri
L'île compte peu de chambres et une saison de sept mois, ce qui donne des prix parmi les plus élevés d'Italie. Trois zones, trois logiques.
- Capri-ville : au cœur de l'animation, à deux pas de la Piazzetta. Le plus cher, facilement 300 à 500 € la nuit en juillet et en août, et c'est là que sont les hôtels de légende.
- Anacapri : plus haut, plus calme, souvent 30 à 40 % moins cher à confort égal, avec le télésiège et le phare à portée de bus. Le meilleur compromis pour une ou deux nuits.
- Marina Grande : au niveau du port, pratique pour les ferrys du matin et les tarifs les plus bas de l'île, mais sans le charme des hauteurs.
Hors saison, entre novembre et mars, les prix chutent de moitié, mais une partie des hôtels et des restaurants ferme. Réservez tôt pour l'été : ce qui reste disponible en dernière minute est cher et mal placé.
Combien coûte une journée à Capri
Capri a une réputation de destination hors de prix. Elle est méritée sur l'hébergement et les restaurants avec vue, beaucoup moins sur le reste : la plupart des plus belles choses de l'île sont gratuites ou coûtent quelques euros.
Une journée réaliste depuis Sorrente, par personne :
- Ferry aller-retour : 40 à 50 €
- Funiculaire et bus : 8 à 10 €
- Jardins d'Auguste : 2 €
- Télésiège du mont Solaro : 14 €
- Déjeuner correct hors zone touristique : 20 à 30 €
- Total : 85 à 105 €, sans la grotte bleue, qui ajoute 30 à 35 €.
Deux économies faciles. Déjeunez à Anacapri plutôt qu'autour de la Piazzetta : le même plat y coûte souvent un tiers de moins. Et prenez votre café au comptoir, comme les Italiens, plutôt qu'en terrasse, où le service double ou triple la note.
Quand aller à Capri
La fenêtre idéale est courte : mai, juin, septembre et la première moitié d'octobre. Mer déjà ou encore baignable, températures autour de 22 à 26 °C, ferrys à pleine fréquence et une île qui respire encore.
Juillet et août concentrent tout : la foule, la chaleur, les files à la grotte bleue et les prix hauts. C'est faisable, à condition de partir au premier ferry et de rester en mouvement.
D'avril à mi-mai, l'île est verte, fleurie et calme, mais l'eau est froide et les liaisons saisonnières depuis Positano et Amalfi ne sont pas toutes ouvertes.
De novembre à mars, Capri tourne au ralenti : hôtels et restaurants fermés en partie, ferrys réduits, grotte bleue souvent inaccessible pour cause de houle. En échange, la Piazzetta vous appartient. Pour situer Capri dans un voyage plus large, voyez notre page quand partir en Italie et nos itinéraires en Italie.
Les pièges à éviter à Capri
- Débarquer sans plan à 10 h en août. C'est le pire créneau : tout le monde arrive en même temps, le funiculaire sature et les files se cumulent. Décidez dans le ferry par quoi vous commencez.
- Compter sur la grotte bleue. Elle ferme sans préavis. N'en faites jamais l'unique motif de votre venue, et gardez un plan B pour la matinée.
- Manger avec vue sur la Piazzetta. Les meilleures tables de l'île sont dans les ruelles derrière, ou à Anacapri, pour la moitié du prix.
- Rater le dernier ferry. Il part plus tôt qu'on ne croit, et une nuit improvisée à Capri en août coûte le prix d'un week-end ailleurs.
- Venir en sandales. L'île est verticale et pavée. Villa Jovis et l'Arco Naturale se paient en escaliers.
- Ne pas monter à Anacapri. C'est la moitié de l'île, la plus calme, et beaucoup de visiteurs repartent sans l'avoir vue.
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Questions fréquentes sur Capri
Est-ce que Capri vaut le coup ?
Oui, à condition de ne pas y venir uniquement pour la grotte bleue. Ce qui fait Capri, c'est la vue depuis le mont Solaro, le sentier de l'Arco Naturale, les Faraglioni vus de la mer et la Piazzetta une fois les excursionnistes repartis. Si vous n'avez qu'une journée en plein été, prévoyez de voir deux choses correctement plutôt que six en courant : c'est le seul moyen d'en garder un bon souvenir.
Est-ce que Capri est cher ?
L'hébergement et les restaurants avec vue le sont franchement, avec des nuits à 300 à 500 € en haute saison et un café en terrasse à 10 €. Le reste beaucoup moins : les jardins d'Auguste coûtent environ 2 €, le télésiège du mont Solaro 14 € aller-retour, et les plus belles marches de l'île sont gratuites. Une journée complète depuis Sorrente revient à 85 à 105 € par personne, transport et déjeuner compris.
Quelle est la meilleure période pour visiter Capri ?
Mai, juin, septembre et la première quinzaine d'octobre. La mer est baignable, les ferrys circulent à pleine fréquence et l'île n'est pas encore ou déjà plus saturée. Juillet et août restent faisables si vous prenez le premier bateau du matin. De novembre à mars, une partie des hôtels ferme et la grotte bleue est souvent inaccessible à cause de la houle.
Comment aller à Capri depuis la France ?
Il n'y a ni pont ni aéroport sur l'île : on passe par Naples. Vol jusqu'à Naples-Capodichino, puis hydroptère depuis le Molo Beverello en 50 minutes, ou ferry depuis Calata Porta di Massa en 1 h 20. L'autre porte d'entrée est Sorrente, à 20 minutes de traversée seulement, ce qui en fait le meilleur camp de base pour une visite à la journée.
Faut-il dormir à Capri ou y aller à la journée ?
La journée suffit si Capri est une escale dans un séjour basé à Naples ou à Sorrente. La nuit sur place change réellement l'expérience : entre 18 h et 10 h, l'île se vide de ses milliers d'excursionnistes et redevient un village. Si vous choisissez de dormir sur place, prenez Anacapri, 30 à 40 % moins cher que Capri-ville à confort égal.
Combien de temps faut-il pour visiter Capri ?
Une journée bien remplie permet de voir la Piazzetta, les jardins d'Auguste, Punta Tragara et l'un des deux grands sites, mont Solaro ou Villa Jovis. Deux jours avec une nuit sur l'île permettent de tout faire sans courir, grotte bleue comprise, et d'ajouter le sentier de l'Arco Naturale et le coucher de soleil au phare de Punta Carena.









